Le plus récent Code de pratiques pour le soin et la manipulation des poulettes et pondeuses impose de cesser d’utiliser des logements conventionnels au plus tard en 2036 et de remplacer ceux-ci par des systèmes répondant minimalement aux normes des logements aménagés, semblables à ceux sur cette photo. Photo : Gracieuseté de la FPOQ
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S'abonner maintenantLe rehaussement des exigences de bien-être animal en matière de logements des poules pondeuses fait augmenter les coûts de production d’une douzaine d’œufs.
Une enquête effectuée par les Producteurs d’œufs du Canada est arrivée à la conclusion qu’il coûte en moyenne 0,37 $ de plus pour produire une douzaine d’œufs quand les poules sont logées en logements dits alternatifs, soit en système de logements aménagés ou en volière, comparativement aux logements conventionnels.
Ceci s’explique principalement par l’amortissement des investissements nécessaires pour la mise à niveau des bâtiments et de l’équipement. « Quand tu as une grosse densité, les poules vont se chauffer toutes seules l’hiver, mais avec moins de poules au pied carré, il faut installer un échangeur d’air ou un système de chauffage », explique Sylvain Lapierre, président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec (FPOQ)
Ces systèmes de logements alternatifs deviendront progressivement la norme à respecter d’ici 2036, comme l’exige le dernier Code de pratiques pour le soin et la manipulation des poulettes et des pondeuses. Actuellement, 76 % des producteurs québécois ont déjà converti leurs bâtiments pour se conformer à ces nouvelles exigences, alors que 24 % doivent encore le faire.
Un écart à combler
Au Québec, pour simplifier les échanges, les classificateurs achètent la douzaine d’œufs aux producteurs à un prix uniforme, peu importe qu’elle soit produite en logement conventionnel ou alternatif, spécifie M. Lapierre. C’est ensuite la FPOQ qui gère, depuis 2019, un programme de prélèvement et de redevance pour rééquilibrer l’écart des coûts de production entre les producteurs qui ont déjà investi dans des logements alternatifs et ceux qui ont encore des logements conventionnels.
Jusqu’ici, ce programme instauré en 2019 se basait sur une différence de coûts de production de 0,11 $ la douzaine entre les deux types de systèmes, soit bien loin du 0,37 $ établi récemment. Une résolution a donc été adoptée par les délégués de l’organisation lors de leur assemblée générale annuelle, le 15 avril, à Québec, afin de rééquilibrer les prélèvements pour qu’il reflète mieux les coûts de production de chacun.
Depuis la fin du mois d’avril 2026, ceux qui utilisent des systèmes enrichis ou en volière reçoivent 0,27 $ de plus que le montant de base de 2,68 $ pour une douzaine produite afin de compenser leur investissement dans leurs bâtiments, tandis que ceux qui sont toujours en système conventionnel – et n’ont donc pas encore eu à investir – voient le montant reçu pour leur douzaine amputé de 0,10 $. Cette mesure sert également d’incitatif économique pour encourager les derniers producteurs en cages conventionnelles à effectuer leur transition plus rapidement vers les nouvelles normes de bien-être animal, signale M. Lapierre.
Des répercussions à prévoir sur le prix au détail
Pour l’instant, le prix en magasin n’a pas bondi proportionnellement, car les producteurs acceptent une marge inférieure à leur coût de production pour rester compétitifs, indique le président de la FPOQ. « En même temps, les consommateurs doivent comprendre que s’ils veulent des normes de bien-être animal plus élevées, il y a un coût à ça. Nous, on s’adapte, et on veut bien faire en sorte de garder les prix abordables, mais à long terme, surtout quand la transition vers les logements alternatifs va être complétée, en 2036, ça va forcément avoir un effet à la hausse sur les prix. À moins que ceux des grains ou des autres intrants descendent pour compenser. Mais ce sera progressif; on va toujours essayer de garder les œufs de commodité avec les prix les plus bas possibles », affirme-t-il.