Dans les deux dernières années, les producteurs d’œufs québécois ont dû augmenter leur troupeau de 1,5 million de poules pondeuses. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantLe surplus d’œufs produits au Canada depuis novembre 2025 n’est toujours pas résorbé. Les producteurs d’œufs de consommation et leurs classificateurs espèrent toutefois un retour à l’équilibre dans les prochaines semaines.
Pour illustrer l’ampleur du problème, Sylvain Lapierre, président de la Fédération des producteurs d’œufs du Québec (FPOQ), indique que son organisation a dû faire don de plus de 5 millions d’œufs en 2025-2026, comparativement à 1,2 million en 2024-2025. C’est la solution trouvée pour écouler le surplus de production et éviter le gaspillage de cette denrée périssable qui, depuis novembre, s’accumule dans les entrepôts. Ce problème a été causé par une vague simultanée d’importations d’œufs en provenance des États-Unis par les classificateurs, qui ont attendu que les prix baissent sur ce marché pour remplir leur quota d’importation dans le cadre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique. Or, pendant les deux années précédentes, les producteurs d’œufs québécois ont dû rehausser leur cheptel d’environ 1,5 million de poules pondeuses pour répondre à la demande du marché intérieur, justement difficile à combler en raison de la pénurie d’œufs du côté américain et la flambée des prix qu’elle a engendrée.
Ç’a été comme un tsunami! Autant on a couru après des œufs; autant là, il faut diminuer le cheptel pour réduire la production.
Mieux gérer les vagues
Les membres de la filière se sont réunis dernièrement pour trouver des solutions, afin que ce genre de situation ne se reproduise plus, notamment en communiquant d’avance un calendrier d’importations, et en étalant celles-ci sur une plus grande période, indique Sylvain Lapierre.
« C’est une nouvelle manière de gérer, parce qu’on n’était pas habitués, avant, d’avoir une aussi petite marge de manœuvre. Là, tout le monde s’est rendu compte qu’il fallait qu’on se parle », observe celui qui se dit encouragé par le déroulement des discussions. « Ça va nous permettre d’ajuster notre production en conséquence. Si on a, par exemple, des troupeaux qui ont quatorze mois de ponte, au pire, on peut les faire abattre un peu d’avance si on sait que dans deux ou trois semaines, il y a une vague d’importations qui arrive », fait-il valoir.