À la ferme Guinois & Frères, un tracteur tire un planteur à laitues qui semble bien ordinaire, à première vue. En portant attention, on constate toutefois que les quatre bancs où s’installent normalement des travailleurs pour placer les plants dans le système, avant la mise en terre, sont vides. Toute cette portion du travail est exécutée par une machine. Photo : Gracieuseté de Jean-Luc Guinois
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S'abonner maintenantSAINT-ISIDORE – L’offre de technologies qui remplacent des employés pour planter s’est élargie, cette année, avec l’arrivée sur le marché d’une première solution de plantation automatisée conçue au Québec. Deux fermes se la sont procurée déjà, dont Guinois & Frères, à Saint-Isidore, en Montérégie.
« On est capables de planter 78 plants de laitues à la minute, comme avant, mais le but, ce n’était pas d’aller plus vite. C’était d’avoir moins de monde sur la machine », fait valoir Philippe Guinois, l’une des relèves à la ferme, que La Terre a rencontré le 28 mai, en compagnie de son père, Jean-Luc, et de son cousin, Joël.
Derrière lui, un tracteur tire un planteur à laitues qui semble bien ordinaire, à première vue. En portant attention, on constate que les quatre bancs où s’assoient normalement des travailleurs pour placer les plants dans le système, avant la mise en terre, sont vides. Toute cette portion du travail est plutôt exécutée par une machine.
« C’est notre planteur qu’on avait déjà avant, mais sur lequel on a fait installer des modules qui viennent automatiser le travail de quatre personnes. C’est pour ça que les bancs sont vides », précise Jean-Luc Guinois.
Présent sur place, Guillaume Verner, le président-directeur général de l’entreprise Vegtech, fabricant de la technologie Plantis, affirme ne pas avoir « inventé la transplantation automatique », mais il estime se différencier des autres en proposant une solution qui s’adapte à n’importe quel équipement que possède déjà le maraîcher, plutôt que de l’obliger à s’en procurer un complètement nouveau. Chaque module remplace une personne et vaut environ 30 000 $.

Le gros avantage, c’est que tu ne perds pas ta machine. Parce qu’en toute honnêteté, ça va arriver qu’il y aura un bogue, qu’il y aura un défaut mécanique. C’est impossible que ça ne brise jamais, mais l’avantage ici, c’est que le maraîcher peut utiliser la machine quand même, s’il y a un bogue.
Comme la synchronisation n’est pas toujours parfaite, encore, et qu’il reste des ajustements de programmation à faire pour bien adapter le module à l’équipement,
M. Verner est souvent présent chez Guinois & Frères pour apporter les corrections requises. C’est la première année qu’une version commercialisable de son produit est en action à la ferme.

« C’est en constante amélioration; ce sont des petits détails qu’il reste à corriger », mentionne Jean-Luc Guinois, persuadé que son achat se rentabilisera rapidement. Cette année, la nouvelle technologie plantera les 80 hectares de laitues romaines que cultive la ferme, soit environ le tiers de la production totale.