EstimEau permet au producteur d’estimer ses besoins en eau et les quantités à sa disposition. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantDepuis le début de l’année 2026, les producteurs agricoles peuvent utiliser EstimEau pour faire leur déclaration de prélèvement d’eau, un outil numérique gratuit développé par une équipe de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) spécialisée en régie de l’eau.
EstimEau (www.estimeau.ca) permet au producteur d’estimer ses besoins en eau et les quantités à sa disposition. Développé en 2024, le module était à l’origine destiné aux agriculteurs désirant évaluer leurs besoins en eau, que ce soit pour l’irrigation, l’abreuvement des animaux, le lavage des légumes ou des bâtiments, la préparation des traitements phytosanitaires, etc.
Son efficacité démontrée, et à la suite de pourparlers entre l’Union des producteurs agricoles, le ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Environnement, Estimeau a été accepté comme preuve de déclaration de prélèvement d’eau dans un souci d’alléger les procédures administratives.

« Auparavant, s’il n’avait pas de relevé de compteur d’eau, le producteur devait recourir à un expert ou un à conseiller pour faire cette déclaration », explique Carl Boivin, chercheur à l’IRDA et responsable de l’équipe à l’origine du nouvel outil.
Selon les différents scénarios proposés par le producteur, EstimEau s’appuie sur des données météorologiques remontant jusqu’à 1998, ainsi que la géolocalisation, pour estimer la disponibilité potentielle de l’eau de surface et souterraine en fonction d’années plus ou moins pluvieuses. L’utilisateur doit, de son côté, inscrire les diverses sources d’eau à sa disposition comme les réservoirs, toitures, puits, etc.
EstimEau calcule ensuite une estimation globale des ressources en eau disponibles. Pour des calculs plus précis, l’outil offre la possibilité à l’utilisateur de choisir parmi 81 systèmes culturaux et 8 types d’élevages.
L’outil s’appuie, entre autres, sur des données météorologiques historiques couvrant l’ensemble du Québec agricole. L’intensité du risque de subir un gel peut également être ajustée afin de déterminer si les quantités d’eau disponibles à la ferme permettront ou non de combler les besoins pour la protection de la culture.
« Ça ne remplacera jamais un tensiomètre, mais ça permet d’anticiper le risque de stress hydrique. On est connectés avec les prévisions d’Environnement Canada et on fait des prévisions d’évapotranspiration, qui est une façon de traduire les conditions météo pour savoir si la plante a besoin ou pas d’eau cette journée-là. Ça peut être utile même pour quelqu’un qui ne fait pas d’irrigation pour savoir s’il est exposé ou non à un risque en fonction de la culture qu’il fait, du type de sol et des précipitations », conclut Carl Boivin.