La ferme Les Jardiniers Idéal s’est dépêchée de semer ses premières carottes nantaises et de couleur, le 9 avril, avant l’arrivée de la pluie. Photo : Gracieuseté des Jardiniers Idéal
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S'abonner maintenantAlors que bien des adeptes de primeurs ne sortiront leurs tracteurs qu’après la période de pluie annoncée jusqu’au 20 avril, dans les secteurs près de Montréal, quelques maraîchers motivés à récolter les premiers légumes de la saison ont déjà semé de petites quantités de carottes, de maïs et d’oignons verts entre le 9 et le 12 avril.
« Quand on réussit à sortir parmi les premiers, ça donne un bon coup de pouce durant toute la saison », croit Maxime Daigneault, qui cultive 210 hectares de légumes à Saint-Michel, dans les terres noires de la Montérégie.
Avec l’arrivée tant attendue de températures plus douces, qui ont finalement fait fondre la neige et amoindri les risques de gels, le copropriétaire de la ferme Les Jardiniers Idéal a profité de l’occasion qui s’est présentée à lui, les 9 et 12 avril, pour semer ses premières carottes nantaises, carottes de couleur et mini carottes de la saison sur trois parcelles suffisamment sèches. Il savait qu’une longue période de pluie l’obligerait à mettre ses activités sur pause par la suite, et occasionnerait peut-être des dommages, mais il a jugé que ce risque calculé sera payant s’il réussit à récolter des carottes avant tout le monde, vers la mi-juin.
Il le fait pour les prix avantageux, d’une part, mais aussi pour se positionner de façon avantageuse auprès de la clientèle. « La clientèle veut le nouveau produit. Quand tu es l’un des premiers à l’avoir, ça aide pour les relations de vente. Je trouve que c’est plus facile par la suite, de conserver la clientèle toute la saison », remarque cet agriculteur, qui est toujours parmi les premiers à semer.
Depuis le temps qu’on en fait, on connaît nos terres et on sait ce qu’elles sont capables de prendre comme pluie.
Dans les Laurentides, les propriétaires des Fermes St-Denis ont semé 4 hectares de maïs sucré, le 10 avril.
« On essaie toujours d’arriver plus vite que les autres et d’avoir la qualité aussi. Aussitôt que le tracteur est capable de rentrer dans le champ, on y va », témoigne Normand St-Denis, au bout du fil. Comme tous les autres maraîchers avec qui La Terre s’est entretenue le 14 avril, cet agriculteur, qui cultive 320 hectares de maïs, de fraises, de choux et de choux-fleurs, à Oka, attendait que la semaine de pluie passe avant de retourner au champ. Les terres sablonneuses et rocheuses où se trouve sa ferme sèchent vite, dit-il, et lui permettent de semer très tôt en saison. Son fils, Jonathan, précise qu’il ne craint pas le gel, car après avoir mis les semences en terre, la machine qu’il utilise applique un film de plastique biodégradable par-dessus, qui vient les protéger en les gardant au chaud.

« S’il fait soleil dans une journée où il fait 7 degrés dehors, ça monte à 40 degrés en dessous du plastique », donne-t-il en exemple.
Un producteur de Lavaltrie, dans Lanaudière, Maxime Vaes, a semé des oignons verts sur 4 hectares, les 9 et 10 avril. Il s’attend à récolter des primeurs dès la fin mai, comme à l’habitude. « Oui, on annonce de la pluie, mais pas de gel, donc ce n’est pas grave de semer d’avance », croit le propriétaire des Jardins Vaes.

Facebook/Jardins Vaes
Des plus patients
Même si le froid et la pluie retardent un peu les premières sorties de tracteurs de la saison, d’autres adeptes de primeurs estiment qu’il n’y a pas lieu de paniquer. Ils préfèrent patienter avant de semer. « Ça ne nous inquiète pas trop. On commence quand c’est prêt », témoigne une agricultrice de Sainte-Clotilde, en Montérégie, Carolyne Daigneault. « Au prix que ça coûte, les semences, on attend que le terrain soit beau », ajoute la copropriétaire de la Ferme H. Daigneault et Fils.
Olivier Barbeau, de Saint-Michel, adopte la même stratégie. « Les semis seront plus tard que l’an passé, mais c’est dans le temps », affirme le copropriétaire des Terres maraîchères Barbeau.