Sébastien Angers a demandé s’il serait envisageable que les producteurs dont les pratiques agroenvironnementales rendent les cultures moins vulnérables face aux intempéries paient moins cher d’assurance récolte. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantBOUCHERVILLE – Dans le cadre de sa grande refonte de l’assurance récolte (ASREC), La Financière agricole du Québec (FADQ) analyse la possibilité d’offrir une couverture moins chère aux producteurs qui, par leurs bonnes pratiques en agroenvironnement, sont moins vulnérables face aux intempéries et moins à risque de perdre des récoltes.
C’est ce qu’a laissé entendre André Houle, vice-président aux assurances et à la protection du revenu de la FADQ, en marge de l’assemblée générale annuelle de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), qui s’est tenue à Boucherville, le 29 novembre. La question avait été soulevée au micro durant l’événement par un producteur de Sainte-Monique, dans le Centre-du-Québec, Sébastien Angers.
[Aux] producteurs qui ont de bonnes pratiques agricoles, qui font des couverts végétaux et qui investissent dans le vivant pour être plus résilients [est-ce qu’on pourrait] donner une contrepartie de valeur à ces pratiques-là? Dans la réalité, moi je pense que ceux qui ont une plus belle santé des sols, qui sont plus résilients, devraient payer moins cher d’assurance récolte que les autres.
« Oui, ça se peut », a affirmé André Houle. « Il y a des pratiques comme l’irrigation, comme la couverture des sols, qui peuvent faire en sorte que le producteur diminue son risque. S’il diminue son risque, ça veut dire que pour l’assurance, c’est moins risqué. Donc, ça veut dire qu’à ce moment-là, il y aurait peut-être moyen de baisser les primes ou de donner un escompte sur la couverture d’assurance. On est en train de regarder ça. »

La révision présentée au début de 2025
Après un processus entamé l’an dernier pour le renouvellement de l’assurance récolte, lors duquel les producteurs ont été consultés, la FADQ prévoit présenter les modifications apportées au début de 2025.
« Actuellement, ce n’est pas encore définitif, parce qu’on est en train de finir le modèle. Il faut faire approuver notre modèle. Quand il sera approuvé, il y a aura des séances où on va présenter aux producteurs les résultats de nos travaux », a expliqué André Houle.
Crainte que moins de produits phytosanitaires soient homologués
Santé Canada veut augmenter la redevance que doivent payer chaque année les fabricants d’insecticides et d’herbicides pour détenir les homologations requises pour commercialiser leurs produits. Actuellement, les compagnies assument 18 % des frais pour avoir en main une homologation et le gouvernement assume le reste. Or, Santé Canada, qui entend revoir sa structure de frais, a suggéré que l’industrie contribue dorénavant à 75 %. Une consultation à cet effet a eu lieu de janvier à avril.
Tout comme ses homologues du fédéral, l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ) craint que ces changements, s’ils entrent en vigueur, entraînent une réduction du nombre d’homologations au pays. Surtout que l’accès aux produits phytosanitaires est déjà limité au Canada par rapport aux États-Unis, font valoir les producteurs. Par voie de résolution, l’assemblée a demandé à Santé Canada et à l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de « limiter la hausse de frais annuels pour les titulaires de produits phytosanitaires de manière à faciliter l’accès ».
Avec les changements climatiques, on aura de plus en plus de ravageurs. Les produits phytosanitaires avec un faible impact sur l’environnement seront de plus en plus nécessaires.
Les producteurs dénoncent aussi les délais d’homologation qu’ils jugent trop longs. « Une homologation d’urgence, ça prend huit semaines. On l’obtient et il est trop tard; vos champs sont déjà scrap, déplore le directeur général, Patrice Léger Bourgoin. Il faut que ça change. »