Maraîchers 25 avril 2025

Le froid et l’humidité ne retardent pas les premiers semis

Le temps frisquet et le sol humide n’ont pas empêché certains maraîchers de la Montérégie de semer de premières superficies de carottes, de radis ou encore d’oignons verts dès la mi-avril, comme à l’accoutumée.

« Il fait un peu plus froid que d’habitude, mais c’est correct. J’ai déjà vu des années où on portait des manteaux d’hiver pour les premiers semis », a rapporté Jocelyn Leclair, copropriétaire des Fermes Leclair, à Sherrington, le 23 avril. 

Aux Jardins A. Guérin et Fils, dans la même municipalité, Pascal Guérin raconte aussi avoir commencé « tranquillement » les semis de carottes, d’oignons et de radis, ces dernières semaines. 

« C’est encore une période à risque, alors on y va pour de premiers semis, mais pas sur de grandes superficies. Je dirais qu’on est dans les normes », témoigne le maraîcher.

Jocelyn Leclair

Beaucoup d’espoirs pour les légumes locaux

Jocelyn Leclair commence toujours ses semis de radis autour du 15 avril en vue de premières récoltes dès le 20 mai. Malgré l’incertitude économique qui règne en ce moment, il gardera le cap sur son plan de culture habituel, tout comme les autres maraîchers que La Terre a sondés. 

On est prêts. En fait, on a hâte de voir comment les consommateurs vont réagir quand les premiers légumes du Québec vont sortir. Sur le marché local, on espère que ce sera meilleur que d’habitude.

Jocelyn Leclair

De nouveaux autocollants, qui mettent encore plus en évidence la provenance du Québec, seront d’ailleurs apposés sur ses sacs de radis, cette saison, pour que les consommateurs voient en un coup d’œil que les légumes locaux sont arrivés sur les étals. 

« On veut marquer le coup avec les radis du Québec, qui sont parmi les premiers légumes à être récoltés. »

Des producteurs n’ont pas commencé

Plus prudente que ses confrères, la productrice Catherine Lefebvre, de Saint-Michel, attendait encore, en date du 23 avril, les « conditions idéales » avant de semer ses premières betteraves et ses premiers choux.

« On a hâte que la chaleur arrive. Il fait froid et c’est mouillé », témoigne celle qui est également présidente de l’Association des producteurs maraîchers du Québec. 

« Avec M. Trump, on ne prendra pas de risque de jeter de l’argent par les fenêtres. J’attends que le sol soit plus chaud. On va laisser passer la fin de semaine, parce qu’on annonce encore de la pluie. Après, on verra si on commence [durant la semaine du 28 avril]. » 

Au nord de Montréal, Guillaume Henri, qui est toujours parmi les premiers producteurs de Lanaudière à semer ses légumes racines, ne prévoit pas commencer avant la semaine du 5 mai.

 « C’est encore trop humide, trop froid, mais je dirais qu’on commence toujours au début mai dans ma région », précise le copropriétaire des Fermes G.N.C., à Saint-Lin–Laurentides. « On va attendre que ce soit plus doux, que le sol soit moins humide. Forcer, quand les conditions ne sont pas optimales, ça ne vaut pas la peine », estime l’agriculteur.