Maraîchers 8 mai 2025

Des tulipes pour lancer la saison d’autocueillette avant les fraises

LANORAIE – Une ferme maraîchère de Lanoraie, dans Lanaudière, mise sur les fleurs pour diversifier son offre de produits offerts en autocueillette. D’ici peu, les dizaines de milliers de tulipes plantées l’automne dernier dans un champ de ­l’entreprise Fraises Gaétan Roy montreront leurs pétales. 

Sophie Bélisle, copropriétaire avec son conjoint, Gaétan Roy, chérissait ce projet depuis quelques années, après avoir été inspirée par une visite dans une ferme maraîchère de Sherbrooke, qui offrait de tels produits.

« Mon chum n’était pas très chaud à l’idée parce qu’on était juste les deux à travailler à la ferme », souligne Mme Bélisle. Or, avec l’arrivée à temps plein de leur fille Gabrielle en tant que relève ainsi que le vingtième anniversaire de l’entreprise célébré cette année, ils ont mis leur projet à l’essai, ayant désormais de l’aide pour le gérer. 

« Ça faisait une couple d’années qu’on ne faisait plus d’autocueillette de fraises, faute de temps, alors on s’est dit qu’on pourrait recommencer cette année, mais en ajoutant les tulipes pour diversifier l’offre de produits offerts et pour pouvoir commencer plus tôt dans la saison, avant les fraises. Puis, on a ajouté un champ d’annuelles comme des zinnias, des cosmos, et des tournesols, qui vont permettre d’étirer l’autocueillette jusqu’à l’automne », raconte la productrice.

Lors du passage de La Terre, le 29 avril, les premières tulipes commençaient à arborer de gros boutons prêts à éclore, à quelques jours de la fête des Mères, un événement sur lequel les propriétaires misent pour populariser leur nouvelle activité.

Lors du passage de La Terre, le 29 avril, les tulipes commençaient à arborer de gros boutons prêts à éclore, à quelques jours de la fête des Mères. Photo : Patricia Blackburn/TCN

« Au début, on se demandait si ça allait pousser », confie Gabrielle, qui est diplômée en horticulture à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec.

Gabrielle Roy

Mais c’est une production assez facile. On a eu un chevreuil et des dindons sauvages qui sont venus dans les champs à l’automne et au printemps, mais sinon, il n’y a pas vraiment de ravageurs, puisque la floraison se fait avant l’arrivée des insectes.

Gabrielle Roy

Certains bulbes peuvent toutefois avoir des maladies pouvant causer environ 10 % de pertes, mais ceci n’a pas freiné leur rendement cette saison, quasi parfait, soutient le duo mère-fille. 

Des produits « instagrammables »

Il leur a fallu environ trois jours à l’automne pour planter des dizaines de milliers de bulbes, rapportent celles qui préfèrent taire le nombre exact de tulipes plantées. Un équipement servant à la plantation des plants de fraises a été modifié pour leur faciliter la tâche. 

Pour exploiter à fond le filon agrotouristique, elles ont investi dans une quinzaine de variétés de tulipes afin de former un arc-en-ciel de couleurs pendant la floraison. L’idée est d’attirer les cueilleurs qui pourront prendre des photos « instagrammables » qui seront publiées sur les réseaux sociaux, une tendance à la mode ces temps-ci, ­souligne Gabrielle Roy. 

Si l’achalandage et la demande sont au rendez-vous, les superficies de culture de tulipes pourraient s’agrandir l’année prochaine, ­souhaite-t-elle. La période de cueillette de ces fleurs est d’environ deux semaines, mais peut s’étaler avec des combinaisons de variétés à éclosion hâtives et tardives.

Des affiches ont été installées pour informer les clients de la bonne méthode de cueillette, afin de préserver le bon état des fleurs et des champs.

Des affiches ont été installées pour informer les clients de la bonne méthode de cueillette, afin de préserver le bon état des fleurs et des champs.

Encadrement des clients

Tout un pan de ce nouveau projet est consacré à l’encadrement des clients afin qu’ils préservent le bon état des fleurs et des champs. « On a fait des panneaux pour expliquer comment cueillir les fleurs, et on a installé un atelier pour les arranger ensuite. Il faut les enlever avec le bulbe, car on veut faire une rotation des champs, et on ne veut pas se retrouver avec des bulbes qui traînent un peu partout », mentionne Gabrielle Roy. Ces bulbes doivent d’ailleurs être renouvelés chaque année pour garantir une bonne qualité de la fleur, spécifie Sophie Bélisle. Ceux qui ont déjà servi ne pourront donc plus être plantés, mais pourront être utilisés à d’autres fins, comme dans les plates-bandes, mentionne-t-elle.