André Brousseau, un employé de 38 ans de service, a participé à la modification de ce sarcleur à disques. Photo : Gracieuseté de J.P.L Maraîcher
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S'abonner maintenantAlors que bon nombre de producteurs de betteraves se creusent les méninges pour contrôler efficacement les mauvaises herbes sans l’herbicide Betamix B – que Bayer a cessé de commercialiser l’an dernier –, une ferme maraîchère de Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches, est parvenue, depuis longtemps, à réduire sa dépendance aux produits chimiques dans cette production, grâce à ses sarcleurs faits maison munis de caméras.
« La caméra nous permet de suivre la ligne de semis avec précision. On peut s’approcher le plus possible des plants, sans les abîmer. Les semis, parfois, ne font pas une ligne droite, mais avec la caméra, on peut s’ajuster », explique Frédéric Leblanc, qui est copropriétaire de la ferme J.P.L Maraîcher. C’est son oncle Yvan qui est responsable du garage de la ferme. L’entreprise adapte elle-même ses machines depuis des décennies.
Le désherbage mécanique n’est pas monnaie courante dans la culture de betteraves, car elle abîme les plants. Or, la ferme de Saint-Anselme a développé sa propre technique pour y parvenir, qui consiste à travailler entre les rangs avec ses sarcleurs adaptés en s’approchant le plus possible de la culture, sans embarquer sur les rangs. Les agriculteurs finissent ensuite le travail avec un pyrodésherbeur, qui brûle les mauvaises herbes sur les rangs où le sarcleur ne peut pas se rendre. Cet autre outil, d’ailleurs, a lui aussi été modifié pour augmenter la puissance de la flamme.
La ferme utilise actuellement cinq sarcleurs à disques ou à dents dans ses cultures de betteraves, mais aussi de rutabagas.
En plus de l’ajout de caméras, la configuration des appareils est modifiée de sorte qu’ils peuvent circuler entre des rangs plus étroits que le standard dans ces productions maraîchères.
S’il est plus courant de faire des rangs tous les 30 ou 36 pouces, la ferme choisit de cultiver à tous les 28 pouces. Puisqu’elle est située dans un secteur où le sol est rocailleux, ce qui complexifie le maraîchage sur de grandes superficies, c’est la façon qu’elle a trouvée pour se donner une chance d’augmenter son rendement à l’hectare. Elle doit toutefois se montrer inventive pour adapter ses équipements à sa façon de cultiver la terre.
« On est rendus habitués. On a toujours adapté nos machines pour notre ferme », indique Frédéric Leblanc, qui précise avoir aussi des récolteuses modifiées.