Les travailleurs de Jérémie Bastien ont essayé, le 18 novembre, de récolter à la main ce qu’il restait de brocolis enfouis sous un tapis de neige et de glace depuis plus d’une semaine, mais l’expérience n’a pas été fructueuse. Photo : Gracieuseté de Jérémie Bastien
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S'abonner maintenantLa saison d’un maraîcher de Lanaudière, Jérémie Bastien, qui récolte parfois des brocolis jusqu’à décembre, s’est conclue abruptement avec l’arrivée d’une neige précoce et tenace en raison du froid.
« La neige, à ce temps-ci, ça fond d’habitude. Alors j’attendais que ça fonde pour finir de récolter, mais ça restait au sol. Finalement, on a décidé d’arrêter », a témoigné le propriétaire de la Ferme Bastien, à Saint-Lin–Laurentides, le 20 novembre.
Deux jours plus tôt, ses travailleurs ont bien essayé de récolter à la main ce qu’il restait de brocolis enfouis sous un tapis de neige et de glace depuis plus d’une semaine, mais l’expérience n’a pas été fructueuse.
Ça n’avait pas d’allure. Ça ressemblait plus à une expédition en Antarctique qu’à une récolte de brocolis.
L’agriculteur précise avoir laissé l’équivalent de 2 hectares de légumes au champ, ce qui n’est pas énorme, selon lui. « Ça fait partie des risques du métier. Ça arrive, à ce temps-ci de l’année », a-t-il ajouté.
Non loin de là, dans la même ville, Guillaume Henri a eu une expérience similaire avec ses choux, dont les récoltes, qui se terminent normalement autour du 10 novembre, se sont étirées, cette année. En raison de la sécheresse de l’été, les légumes ont mis plus de temps qu’à l’habitude à atteindre le calibre souhaité. Il a donc fallu les couper plus tard, ce qui explique pourquoi il en restait encore un peu dans les champs, lorsque la première neige est tombée.
« On en a récoltés un peu dans la neige, la semaine passée, parce que la température le permettait et ça n’avait pas gelé de bord en bord, mais là, c’est fini », a-t-il indiqué, précisant avoir abandonné environ un champ et demi.
« Ça fait toujours mal, mais ça fait partie de la vie », a ajouté le copropriétaire des Fermes G.N.C.
La présidente de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Catherine Lefebvre, dit avoir reçu quelques appels de producteurs, dont la fin des récoltes a été interrompue par la neige et le froid, surtout dans Lanaudière, mais elle ignore si la situation est anecdotique ou non.
« Ce que je peux dire, c’est qu’on a été pris au dépourvu, parce que ce n’était pas ça qui était annoncé », explique la copropriétaire de la ferme Les Maraîchers L & L, à Saint-Michel, en Montérégie. Comme plusieurs autres producteurs, elle a été surprise du froid qui a empêché la neige de fondre et qui l’a fait durcir.
Elle a elle-même a laissé de petites quantités de betteraves au champ, mais rien d’alarmant, assure la productrice.