La saison de récolte, plus courte sur la Côte-Nord, est allongée de quelques semaines grâce aux parapluies, soit jusqu’au 15 octobre cette année. Photos : Geneviève Quessy
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S'abonner maintenantPOINTE-LEBEL – La Ferme Manicouagan, sur la Côte-Nord, peut récolter des framboises plus longtemps qu’à l’habitude, grâce à son système de parapluies servant à protéger les plants.
Différent d’un tunnel chenille, dont les côtés descendent jusqu’au sol ou presque, le système de parapluies installé à la ferme de Pointe-Lebel consiste en des toiles de plastique suspendues au-dessus des plants de framboises et laissant les côtés ouverts. « Le vent doit passer. Il faut que ça respire, la framboise. Avec ce système, même par temps humide, il se crée une aération. Ça évite les maladies fongiques », explique le copropriétaire de la ferme, Donald Bérubé.
Le producteur estime que depuis l’installation des parapluies, il obtient des plants de framboisiers plus hauts de 60 cm (2 pi) qui produisent de 4 à 5 fois plus de fruits. De plus, la saison de récolte, plus courte sur la Côte-Nord, est allongée de quelques semaines, soit jusqu’au 15 octobre cette année.
D’autres producteurs utilisent ce système pour la culture des framboises, dont la Ferme Onésime Pouliot, à l’île d’Orléans, qui vend ses plants de framboisiers à la Ferme Manicouagan.

Depuis trois ans qu’ils y sont installés, les parapluies ont fait leurs preuves sur la Côte-Nord, constate Donald Bérubé, qui estime que plusieurs avantages en découlent.
En effet, la culture sous parapluies permet de contrôler plusieurs paramètres. « C’est nous qui arrosons par le système d’irrigation qui se commande à distance. Une journée où c’est sombre, on arrose moins qu’une journée ensoleillée. On donne des vitamines dès que les feuilles commencent à pousser, donc on contrôle ce que la plante reçoit, selon ses besoins », dit M. Bérubé, qui précise avoir été guidé par un technicien agronome dans sa recette.
Les framboises sont cueillies chaque jour, à mesure qu’elles sont mûres. Une façon de ne rien perdre, mais aussi d’attirer le moins possible d’insectes.
Une framboise qui devient trop mûre, ça va attirer les bibittes, et s’il y a trop de framboises trop mûres, on se retrouve avec trop de bibittes. Je ne veux pas mettre d’insecticide, donc j’ai installé des pièges collants, et des pièges qui les attirent avec du vinaigre de cidre et deux gouttes de savon. Elles se noient là-dedans.
Des fruits au sec
En protégeant les framboisiers des précipitations, ce système garde aussi leurs fruits bien au sec. « On doit récolter tous les jours. S’il pleut sur les framboises, elles deviennent molles, et parfois, rendues dans le panier, c’est déjà de la confiture. Ou encore, on laisse nos framboises sur le comptoir, et le lendemain matin, il y a de la moisissure. Ça, c’est parce qu’elles étaient mouillées au moment de la cueillette. De les garder au sec, grâce aux parapluies, apporte donc un avantage au niveau de la conservation des fruits également », assure M. Bérubé.
Le choix de la Tulameen
La famille Bérubé a choisi le cultivar de framboises Tulameen pour ses qualités de rusticité, mais aussi parce que ses fruits sont sucrés, agréables à transformer, tout autant qu’à consommer fraîchement cueillis. Comparativement aux plants du même cultivar de Tulameen qui poussent en champ, vivaces, juste à côté, les framboisiers qui sont sous les parapluies sont de 4 à 5 fois plus productifs, calcule Donald Bérubé.
« Avec ce système, même par temps humide, il se crée une aération », explique le copropriétaire de la ferme, Donald Bérubé.
Des framboisiers qui disparaissent chaque hiver
Les plants de framboisiers de la Ferme Manicouagan sont achetés sous forme de cannes, c’est-à-dire des tiges fructifères de deuxième année, cultivées en pot et palissées. Les cordes placées horizontalement permettent de soutenir les cannes, qui peuvent porter chacune jusqu’à un kilo de fruits. Installées au champ le 15 juin, les cannes en pots seront jetées après la récolte des framboises, qui commence en août et se termine au milieu d’octobre. Les toiles de plastique servant de parapluies sont également démontées avant que l’hiver s’installe, car elles ne supporteraient pas le poids de la neige. L’année suivante, le cycle recommence avec de nouvelles cannes en pot.