Les asperges en vente dans un supermarché Provigo de Montréal, le 28 mai, étaient entourées d’un élastique qui précisait « Aliment Québec », mais étaient accompagnées d’une affiche sur laquelle on pouvait voir une feuille d’érable et une mention « Provenance Canada ». Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantAlors que les détaillants alimentaires s’engagent à clarifier l’étiquetage et à promouvoir les aliments locaux dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, la mention « Canada » a été observée à plusieurs endroits pour désigner les asperges du Québec, ces dernières semaines.
Dans un supermarché Provigo de Montréal, le 28 mai, les asperges étaient entourées d’un élastique qui précisait « Aliment Québec », mais étaient accompagnées d’une affiche sur laquelle on pouvait voir une feuille d’érable et la mention « Provenance Canada ».
Du côté des magasins IGA, la provenance du Québec était précisée sur les étals, mais la mention « Produit du Canada » était utilisée pour promouvoir les asperges en circulaire.
Chez Sobeys, qui possède la bannière IGA, la chef des affaires corporatives, Anne-Hélène Lavoie, a expliqué que les asperges du Québec étaient « particulièrement en retard, cette année », en raison de la météo, ce qui a parfois obligé les magasins à compléter leur offre de produits avec des légumes de l’Ontario. La mention « Produit du Canada » a été choisie en circulaire « dans une optique de transparence », ajoute-t-elle.
En magasin, la provenance du produit sera bien indiquée et le consommateur pourra faire un choix éclairé. Dès que nos asperges du Québec seront disponibles en plus grande quantité, nous serons heureux de modifier l’affichage pour mettre en valeur les produits du Québec.
Le groupe Loblaws, qui détient la bannière Provigo, n’avait pas encore répondu aux questions de La Terre concernant l’affichage des asperges au moment d’écrire ces lignes.
Un Espace Québec avec des produits importés
Dans un magasin IGA de Longueuil, par ailleurs, une section complète était identifiée « Espace Québec », le 26 mai, mais remplie de champignons « canadiens » et de poivrons du Mexique et des États-Unis.

La porte-parole de Sobeys, Anne-Hélène Lavoie, a reconnu que cette situation ne devrait pas se produire et a assuré que les équipes en magasin seraient invitées à corriger le tir.
« Nous sommes présentement en période de transition en magasin alors que les produits du Québec commencent à faire leur entrée sur nos étalages. […] Ces arrivages entraînent certains ajustements dans la disposition des produits, afin de mieux mettre en valeur les récoltes locales. Vous remarquerez donc des changements dans les prochaines semaines et de plus en plus de produits du Québec », a assuré Mme Lavoie.
De façon générale, les erreurs d’affichage dans les épiceries, qui suscitent la confusion chez le consommateur, ne datent pas d’hier, rappelle le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec, Patrice Léger Bourgoin, qui déplore que la situation ne semble pas s’améliorer.
« Quand les produits sont emballés, la loi sur l’étiquetage est généralement appliquée, mais pour les produits en vrac, la seule affaire sur laquelle on peut se fier, c’est la bonne foi du détaillant et le bon affichage en magasin », fait valoir celui qui estime que le ministère de l’Agriculture devrait enquêter davantage et légiférer là-dessus.