À Saint-Pie, en Montérégie, le copropriétaire de la Ferme Milton, Carl Étienne, qui récolte du maïs ensilage pour son élevage ainsi qu’à forfait pour d’autres producteurs, témoigne de rendements extrêmement variables. Photos : Gracieuseté de la Ferme Milton
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S'abonner maintenantAlors que la récolte d’ensilage de maïs est terminée dans la majorité des régions du Québec, plusieurs producteurs laitiers et agronomes témoignent d’une année de très grande variabilité. Le rendement et la qualité sont soit très mauvais ou très bons, d’une région à l’autre, voire d’une terre à l’autre.
« Il y a de bons rendements à des endroits, mais après, je vais chez le voisin et c’est la moitié moins. C’est une année dans les extrêmes », observe Mario Gauthier, qui est agronome et consultant en production laitière, surtout dans le Centre-du-Québec, mais aussi parfois dans Lanaudière et dans Chaudière-Appalaches.
Les surplus d’eau, au printemps, ont fait mal aux producteurs dont les sols sont plus compactés, tandis que la sécheresse qui a suivi a donné du fil à retordre à ceux qui ont des sols sablonneux, précise-t-il. Ceux qui ont des sols en meilleure santé, parce qu’ils préconisent par exemple les engrais verts, s’en tirent un peu mieux. De façon générale, l’agronome observe que le rendement et la qualité fourragère chez ses clients sont disparates et un peu plus faibles que la moyenne.
« Ça varie, mais dans le Centre-du-Québec, ça donne autour de 15 à 17 tonnes à l’acre de rendement en moyenne, alors que normalement, c’est plus 20 à 22 tonnes à l’acre », souligne M. Gauthier. En ce qui a trait au pourcentage d’amidon dans le maïs ensilage, il est de 40 % chez certains de ses clients, ce qui est excellent, mais ne dépasse pas les 22 % chez d’autres, ce qui est très faible.

À Victoriaville, Steve Comtois, de la ferme Comestar Holstein, qualifie sa saison d’« extra ordinaire » (à ne pas confondre avec extraordinaire). « C’est entre très bon et rien du tout, ce qui n’est pas normal », évalue l’agriculteur.
À Saint-Pie, en Montérégie, le copropriétaire de la Ferme Milton, Carl Étienne, qui récolte du maïs ensilage pour son élevage ainsi qu’à forfait pour d’autres producteurs sur environ 200 hectares, a un son de cloche similaire.
Les rendements, c’est extrêmement variable. La qualité, même chose. C’est différent d’un client à l’autre, mais je dirais qu’il y a peut-être 10-15 % de moins de rendement, en général.
En Estrie, le conseiller en agroenvironnement Sylvain Laroche indique que c’est « loin d’être une grosse année » pour ses clients, dans l’ensemble, mais que « c’est moins pire qu’ils pensaient ».
« C’est ordinaire. On a eu un printemps trop pluvieux et, ensuite, ç’a été trop sec. Quand la plante se développe dans l’eau, les racines ne descendent pas et restent en surface », explique-t-il, précisant qu’il devient alors plus difficile pour elles d’aller puiser l’eau en profondeur dans le sol lorsque survient une sécheresse, par la suite.

Une année dangereuse pour les gaz de silo
Le conseiller en agroenvironnement Sylvain Laroche prévient les producteurs de redoubler de prudence lorsqu’ils monteront dans leur silo, car lorsque le maïs ensilage est récolté dans un sol très sec, comme cette année, il devient particulièrement propice à l’émanation d’oxyde d’azote au moment de la fermentation, soit un gaz jaune toxique. « C’est une année dangereuse pour les gaz silo. On a tout ce qu’il faut pour trouver quelqu’un de mort dans un silo », prévient-il. « Ce gaz jaune-là, il vient brûler les cellules du poumon et il pique dans le nez », décrit l’agronome, précisant aux producteurs que si une odeur de vinaigre est détectée lorsqu’ils entrent dans le silo, c’est un signe qu’ils doivent sortir rapidement.