Lait 22 décembre 2025

Le seuil des grands troupeaux laitiers augmenté

Face à la performance accrue des grandes fermes laitières au Québec et en Ontario depuis les 15 dernières années, le seuil minimal pour faire partie de l’analyse de groupe des grands troupeaux laitiers a été augmenté, cette année, à 170 kg de matière grasse par jour (MG/jour) ou 170 vaches.

En présentant les résultats de l’étude 2024 aux producteurs réunis à Jonquière, à l’invitation de Via Pôle d’expertise en services-conseils agricoles, le 10 décembre, la conseillère en gestion Anne St-Onge, du Groupe multiconseil agricole Saguenay–Lac-Saint-Jean, a mentionné que le seuil avait été fixé à 100 kg de quota ou 100 vaches lors du premier exercice en 2009, puis augmenté à 125 kg MG/jour. 

« Un grand troupeau, ça doit être un grand troupeau, et ça fait quelques années que les conseillers et certains producteurs avaient un [inconfort par rapport à ça. Il] fallait se remettre à la page, dit-elle. Ce qu’on propose aussi pour les prochaines années, c’est d’augmenter annuellement le seuil, donc les grands troupeaux vont suivre aussi l’émission de quotas, les dons et les marges qui sont donnés annuellement. » La conseillère estime que le seuil passera à 200 kg de quota l’année prochaine, puisque sur les 103 fermes évaluées en 2024, seulement 13 troupeaux ont produit moins de 200 kg MG/jour. 

2,3 fois plus de quota qu’en 2009

En 2024, 48 fermes sur les 103 analysées proviennent du groupe de 2009. En comparaison, l’écart – et non l’évolution sur 15 ans, précise Mme St-Onge – de quota détenu par ces fermes est 2,3 fois plus élevé en 2024 qu’en 2009. Ces exploitations produisent en moyenne aujourd’hui 345 kg MG/jour avec un troupeau de 280 vaches contre 150 kg MG/jour par 176 vaches en 2009. La moyenne de lait par vache s’est accrue de 25 % pour atteindre 10 637 litres. 

Les actifs surprennent 

C’est du côté des actifs que les écarts surprennent le plus, souligne Mme St-Onge. Pour les 48 fermes, le bilan des actifs de machinerie est presque trois fois plus élevé en 2024 qu’en 2009. « On est passés d’entreprises qui avaient un parc de machinerie autour de 650 000 $ à 2,5 M$ en 2024. Au niveau des terres, c’est cinq fois plus au niveau de la valeur. Et on a vu, oui, que les superficies ont augmenté, mais la valeur a exponentiellement augmenté », soutient-elle. Conséquemment, le chiffre d’affaires de ces fermes en fonction des actifs totaux a diminué de 20 % en 15 ans. Toutefois, l’écart entre le prix reçu et le coût de production des fermes est resté semblable entre 2009 et 2024, ce qui a fait dire à Mme St-Onge que l’augmentation des revenus a suffi à couvrir la hausse des charges des 48 fermes.