La pouponnière est l’un des bâtiments qui ont été agrandis au cours des dernières années sur le site de la ferme Landrynoise. Photos : Pierre Saint-Yves
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Un ensemble de facteurs peuvent permettre de réduire les sources de stress chez les animaux dans une ferme laitière, rappellent les propriétaires de la Ferme Landrynoise de Saint-Albert dans le Centre-du-Québec.
Et ils savent de quoi ils parlent! Dans cette entreprise considérée comme la plus grande ferme laitière au Québec, ceux-ci doivent gérer un troupeau de près de 3 000 têtes, réparti sur trois sites différents, ce qui engendre de nombreux déplacements des animaux.
« C’est avant tout un travail d’équipe », rappelle Jessica Landry, co-propriétaire de l’exploitation lors d’une allocution devant environ 150 producteurs laitiers dans le cadre d’une journée INPACQ qui se clôturait par une visite à la ferme. Les autres actionnaires de l’exploitation se trouvaient dans l’assistance lors de sa présentation : son père Carl, son frère Steven et ses oncles Daniel et Éric.

La productrice est notamment responsable de la gestion du troupeau avec d’autres membres de la famille et une bonne vingtaine d’employés. Lors de sa présentation, la jeune femme s’est employée à décrire les défis de la gestion complexe du troupeau sur leurs trois sites pour éviter de provoquer du stress chez les animaux.
Une exploitation exceptionnelle
La ferme Landrynoise élève un troupeau de 2 900 animaux dont 1 400 vaches en lactation pour une production quotidienne de 55 000 litres de lait et un quota de 2 113 kilos. On dénombre près de 30 robots de traite sur le site. À cela s’ajoute l’exploitation de 1 900 hectares pour la culture du maïs grain, maïs ensilage, foin, blé, blé d’automne, et soya.
La gestion d’un troupeau aussi imposant requiert une organisation bien huilée afin d’assurer l’efficacité des opérations, sans pour autant affecter le bien-être animal. C’est donc dans ce contexte qu’un ensemble de mesures est mis en place pour atténuer les sources de stress malgré les déplacements, c’est-à-dire les changements d’environnement, imposés aux animaux.

Pour bien illustrer son propos, Jessica Landry a donné un aperçu de la complexité des tâches inhérentes à la gestion du troupeau sur l’exploitation, en commençant par les opérations suivant les naissances qui se font à l’étable neuve, soit le site 3, dont l’agrandissement remonte à moins d’un an. Tout de suite après la naissance, les veaux reçoivent du colostrum pasteurisé de vache du troupeau auquel peut être ajouté un additif en poudre au besoin.
Le vétérinaire de la Ferme Landrynoise, Christian Raby, rappellera plus tard dans sa présentation devant la même assistance l’importance de ce premier repas pour les nouveau-nés.
« C’est le premier traitement que le veau va recevoir, dit-il. La quantité, la qualité, la propreté et la rapidité avec laquelle est donné le colostrum sont des facteurs essentiels à prendre en considération. On ne peut pas dire trois sur quatre, ça va faire. Si les quatre ne sont pas pris en compte, il va y avoir des problèmes. »

Un protocole éprouvé
Dès la naissance, les employés procèdent à au moins deux désinfections du nombril et les animaux reçoivent les premiers vaccins contre le virus respiratoire, du fer et du sélénium. Ensuite, la génisse est transférée vers la pouponnière.
Elle reste dans le même type de loge individuelle pendant 14 jours pour réduire le stress.
L’animal restera dans cet environnement pendant toute la durée de son sevrage. Il recevra deux repas de 3,5 litres de lait par jour avant d’être alimenté à la louve à raison de 10 litres de lait cru.
Une fois sevrée, la vache est transférée dans l’étable des vaches taries, mais elle est placée pendant un mois dans des logettes similaires à celles qu’elle occupait déjà pour éviter toute perturbation. Par la suite, elle est placée dans une nouvelle logette avec matelas d’eau où elle restera pendant quatre à cinq mois, là encore pour réduire les risques de stress.
En prévention des changements à venir, puisqu’un autre déplacement est à prévoir, la ration est ajustée un mois auparavant.
« Ça évite que l’animal doive subir à la fois le stress du changement dans son alimentation et celui du changement d’environnement », explique Jessica Landry.
L’animal est alors transféré de « l’étable vache tarie » à « l’étable pour les taures » où elles demeurent de 6 à 11 mois. Après ce délai, la vache passe au site 2, dans une section dédiée aux taures à la saillie. Une fois confirmé gestante, l’animal est alors transféré à « l’étable à taure » où il demeurera jusqu’à un mois avant le vêlage. Elles sont amenées en préparation de vêlage… au site 3.
Au cours de la visite de la pouponnière, les visiteurs pouvaient aisément circuler dans le couloir qui sépare les parcs, évitant ainsi tout risque de contamination.
Une visite convaincante
Les participants à la présentation de l’équipe de la Ferme Landrynoise ont par la suite pu constater l’efficacité des mesures mises en place par l’équipe de producteurs à l’occasion de la visite de la pouponnière de la ferme.
Les visiteurs ont pu circuler dans le vaste couloir qui traverse le bâtiment d’un bout à l’autre, et examiner les installations et les parcs fermés, en évitant ainsi tout risque de contamination.
Les éleveurs de la Landrynoise le répètent, une grande part du succès de leurs opérations repose sur l’efficacité de leur équipe d’employés et des personnes clés qui supervisent les opérations.
« Oui, les opérations sont nombreuses et complexes, mais on a la chance d’avoir des employés qui prennent ça à cœur », reconnaît la productrice.