Des données Nielsen sur les ventes au détail du Québec montrent que la consommation de yogourt a augmenté de 4,8 % au cours des 12 mois se terminant le 1er mars, soit une croissance en accélération par rapport aux années précédentes. Photo : Caroline Morneau/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantLa demande canadienne en protéine laitière pour la production de yogourt a été forte, dans les 12 derniers mois. Ce phénomène survient dans un contexte où les fermes laitières produisent de plus en plus de matière grasse et de moins en moins de protéine.
« On se retrouve dans une conjoncture particulière où on produit beaucoup de matière grasse [pour faire du fromage, de la crème et du beurre], ce qui est une bonne chose, mais ç’a un impact sur la disponibilité de la protéine. Et certains marchés où on a besoin de plus de protéine se sont développés », indique la directrice de la recherche économique aux Producteurs de lait du Québec (PLQ), Florence Bouchard Santerre.
Des données Nielsen sur les ventes au détail du Québec montrent que la consommation de yogourt a augmenté de 4,8 % au cours des 12 mois se terminant le 1er mars, soit une croissance en accélération par rapport aux années précédentes. Les ventes de produits à forte teneur en matière grasse, notamment de beurre (4,3 %), de crème (1,9 %) et de fromage (2 %) ont aussi grimpé, mais de façon moins marquée.
Il y a de la croissance dans les secteurs qui utilisent de la matière grasse, mais le yogourt, c’est notre plus gros secteur de croissance.
Difficile de dire, pour l’instant, si cette tendance perdurera. Elle semble découler en partie de la croissance démographique, comme ce qui avait été remarqué l’an dernier avec le lait de consommation, et d’une volonté des consommateurs de cuisiner davantage pour économiser, par exemple avec du yogourt nature, plutôt que d’aller au restaurant.
Des surplus
L’industrie, toutefois, ne manque pas de protéine. En fait, elle génère des surplus de ces solides non gras, d’où la raison pour laquelle les producteurs sont invités, depuis quelques années, à réduire à la source le taux de protéine contenu dans le lait en produisant plus de matière grasse. La façon de les rémunérer a été modifiée pour les encourager en ce sens.
« À court terme, il y a des changements, mais quand on regarde le portrait à plus long terme, la gestion des surplus [de protéine], on pense que ça va quand même représenter un défi dans le temps », indique Mme Bouchard Santerre.