La conférence durant laquelle Ysabel Jacobs et Carl Landry ont été invités à discuter des entreprises laitières à succès de leurs familles était pilotée par les animateurs du balado Fond’rang, Alexandre Brodeur et Jean-Sébastien Roy. Photo : Caroline Morneau/TCN
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantSAINT-HYACINTHE – Lors d’une conférence livrée au Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, Carl Landry et Ysabel Jacobs, dont les fermes laitières respectives sont reconnues pour leur succès, ont parlé de la nécessité, parfois, de dompter leur soif d’aller plus loin.
« On a de la folie en nous, mais il faut être rassasiés à un moment donné », croit le copropriétaire de la Ferme Landrynoise, à Saint-Albert, dans le Centre-du-Québec, qui est reconnue comme étant la plus grosse de la province.
Le producteur laitier raconte comment l’appétit de son père a mené vers un besoin urgent de redresser les finances de la ferme familiale, en 2006, lorsqu’il en a repris les rênes avec la fratrie.
« Mon père, c’était un homme visionnaire. C’était un homme de grandeur qui achetait beaucoup des terres, qui grossissait, mais à un moment donné, il était en train de manger l’entreprise », témoigne M. Landry, dont la ferme peinait alors à faire son quota.
On a vendu 50 kilos de quota. Pour une ferme comme la nôtre, dans ce temps-là, c’était pas mal. Les chiffres n’allaient pas bien. L’entreprise n’était pas en péril, mais il fallait redresser ça assez vite.
La décision de procéder à des changements et de faire appel à des conseillers en redressement financier a été un « point tournant » pour la ferme, selon lui.
« Si on n’avait pas voulu reculer pour mieux refoncer plus tard, on serait peut-être encore dans le même pattern. »
Un éternel sentiment d’insatisfaction
De son côté, la copropriétaire de la Ferme Jacobs, à Cap-Santé, dans Portneuf, Ysabel Jacobs, a abordé les grandes déceptions qui accompagnent parfois les objectifs élevés qu’elle se fixe et son éternel sentiment d’insatisfaction.
« Oui, on est de grosses entreprises, mais ça vient avec de grosses déceptions aussi », indique celle dont la ferme est classée parmi les meilleures au monde pour l’élevage de vaches Holstein et dont les animaux remportent de nombreux prix, chaque année.
Elle admet, par exemple, avoir été déçue de la mention honorable – soit l’équivalent d’une troisième position – obtenue par sa vache vedette Shakira à la Word Dairy Expo de Madison, alors que cette dernière avait été sacrée grande championne à ses deux participations précédentes.
« On veut toujours plus. C’est une maladie, mais une maladie avec laquelle on vit plutôt bien. On a une championne, alors là, on se dit que ça serait le fun d’en avoir deux. »
Plutôt que de se comparer aux autres pour avancer, l’éleveuse dit plutôt se fixer ses propres limites, admettant vouloir toujours les dépasser.
Shakira, couronnée Grande Championne de la compétition à deux reprises en 2021 et 2023, a obtenu la troisième place dans les catégories Grande championne et Grande championne senior. Crédit : Cowsmopolitan
Shakira repérée parmi 2 500 vaches
L’éleveuse Ysabel Jacobs a raconté le recrutement de sa meilleure vache à vie, Shakira, que sa ferme possède aujourd’hui avec plusieurs autres copropriétaires. « On était à la Royale [de Toronto]. Ça allait bien financièrement et on voulait investir dans quelque chose, mais on n’avait pas décidé quoi encore », relate celle qui a remarqué Shakira à l’événement. Quand elle a voulu en discuter plus tard avec son frère Yan et son conjoint, tous trois ont réalisé qu’ils avaient eu un faible pour le même animal, sans même se consulter. « Il y avait quand même 2 500 têtes là-bas au total », fait-elle remarquer. La vache valait cher, mais les éleveurs sont allés de l’avant avec une offre. « Le lendemain matin, elle était à nous autres. C’était la journée du jugement. C’était la première fois qu’on l’exposait et elle a fait quatrième. »