Grandes cultures 24 octobre 2025

Maïs : de premiers rendements contradictoires

Des résultats contradictoires caractérisent le début des récoltes dans le maïs-grain. Alors que certains producteurs affirment que les premiers rendements sont moins mauvais qu’ils anticipaient, d’autres voient leurs craintes se concrétiser.

Près de Saint-Hyacinthe, le 18 octobre, David Leblanc et sa famille venaient de récolter un premier champ avec l’objectif de démarrer le séchoir et de roder les équipements en vue d’être prêts pour la grosse période de récolte. Mais surprise, le rendement moyen de 14 tonnes à l’hectare (t/ha) sur une base sèche a impressionné les producteurs. « Honnêtement, on s’attendait à un peu moins. On est à 14 t/ha et j’ai pogné des pics de 18 t/ha. Je pense qu’où le maïs est beau, il rend plus cette année que l’an passé, et l’an passé, c’était notre record. Mais c’est plus variable cette année, car à la minute que tu as une baisseur, le rendement baisse pas mal », décrit celui qui a récolté à 27 % d’humidité. 

Un peu plus loin, à Sainte-Marie-Madeleine, Mathieu Pigeon avait commencé sa récolte de maïs depuis deux semaines au moment de l’entrevue, le 20 octobre, et la moyenne de ses champs variait entre 11,5 et 14 t/ha. Le pourcentage d’humidité à près de 22 % lui avait donné le feu vert pour démarrer la récolte, dont les rendements lui paraissent moins mauvais qu’anticipés, commente ce producteur.

Certains champs de maïs du Centre-du-Québec s’en sortent bien, tandis que d’autres présentent de faibles rendements. Photo : Ludovic Bossel
Certains champs de maïs du Centre-du-Québec s’en sortent bien, tandis que d’autres présentent de faibles rendements. Photo : Ludovic Bossel

Dans le Centre-du-Québec, un producteur a confié à La Terre que le maïs est aux prises avec la catastrophe appréhendée dans les cultures, désignant les épis lilliputiens du champ de maïs-grain de son voisin. L’agronome Ludovic Bossel, du Groupe Ducharme, confirme que certains champs ont souffert du temps froid et humide du printemps, qui a nui à l’émergence des cultures. Par la suite, la sécheresse s’est chargée de faire littéralement sécher les plants qui poussaient dans les terres sableuses. Les rendements ont surtout été handicapés dans les cultures qui ont été frappées par la sécheresse au moment de la pollinisation. 

Un printemps trop pluvieux et une sécheresse en été se sont révélés « le pire des scénarios », commente-t-il, notamment pour les secteurs allant vers l’Estrie, dont certains ont reçu seulement 11 mm d’eau en août et en septembre, rapporte-t-il. Comme nuance au tableau, il explique que les secteurs plus près du fleuve ont bénéficié de plus de pluie et d’une terre plus argileuse qui a mieux retenu l’humidité, offrant des rendements plus potables. 

Finalement, il fait état d’une gelée qui a terrassé les plants de maïs de certaines localités avant que la plante atteigne le stade du point noir, ce qui a entraîné encore plus de variabilité dans les rendements.