Le Brésil est le premier exportateur mondial de soya et le deuxième de maïs. Disposant d’une récolte record de soya et d’une production abondante de maïs, ce pays sera un joueur clé au cours des prochains mois dans le marché mondial. Photos : Shutterstock
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S'abonner maintenantLa saison des cultures sud-américaines du soya et du maïs est bien avancée. Au Brésil, le battage de la fève est quasiment terminé au moment d’écrire ces lignes. En Argentine, près du tiers du maïs a été récolté, et le battage du soya a démarré à grande échelle. Seule la deuxième récolte de maïs safrinha demeure en suspens au Brésil puisque le battage démarrera au début de juin; le maïs safrinha, qui représente les trois quarts de la production, est semé après la récolte de la fève. Mais cette culture est assez avancée pour que l’on puisse brosser un portrait assez précis.
Les semis du soya ont démarré lentement au Brésil : la saison commence à la mi-septembre, mais les ensemencements ont été très limités jusqu’au début d’octobre en raison de l’arrivée tardive des pluies. Cependant, lorsque les précipitations ont commencé à la mi-octobre, elles ont été abondantes dans la plupart des régions, sauf dans le sud-est du pays. Les régions clés du Mato Grosso et du Mato Grosso do Sul ont bénéficié de bonnes pluies réparties sur l’ensemble des deux États. Par conséquent, à l’exception de l’État de Rio Grande do Sul, le rendement du soya a été bon, voire très bon. Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a donc maintenu inchangée l’estimation d’une production record de 169 millions de tonnes (Mt), comparativement à 153 Mt l’an passé.
Comme le battage du soya a été quelque peu retardé au Brésil, le maïs safrinha a été semé un peu plus tard. La période idéale pour les semis du maïs safrinha finit au 20 février, mais une bonne partie a dû être semée à la fin février et durant les deux premières semaines de mars. Le rendement du maïs semé plus tard est plus à risque, dépendamment si la fin de la saison des pluies est hâtive (début avril) ou tardive (début mai). En date du 10 avril, on constate que les pluies se sont poursuivies dans la région centrale du pays, qui produit la majorité de ce grain, et les prévisions météo sont favorables pour les 10 prochains jours. Par conséquent, à moins d’un revirement de la météo, le rendement du maïs safrinha sera tout à fait normal, confortant l’estimation de l’USDA d’une production abondante de 126 Mt, comparativement à 119 Mt l’an passé.

En Argentine, les semis du maïs et du soya ont eu lieu dans de bonnes conditions. Cependant, les pluies se sont largement interrompues en décembre et janvier, ce qui a inquiété le marché. Les précipitations ont repris en février et se sont poursuivies par la suite. Par conséquent, le déficit hydrique a été entièrement comblé. L’USDA prévoit que la production de maïs s’établira à 50 Mt, comparativement à 51 Mt l’an passé, et que la récolte de soya atteindra 49 Mt, contre 48 Mt en 2024. En d’autres termes, les productions de maïs et de soya devraient être tout à fait normales cette année-ci.
Le Brésil est le premier exportateur mondial de soya et le deuxième de maïs. Disposant d’une récolte record de soya et d’une production abondante de maïs, ce pays sera un joueur clé au cours des prochains mois dans le marché mondial. Quant à l’Argentine, les disponibilités des deux grains seront suffisantes pour maintenir ses parts de marché.
La table est donc pratiquement mise pour 2025 en ce qui concerne l’Amérique du Sud. L’attention est maintenant tournée vers l’hémisphère Nord, et plus particulièrement les États-Unis. C’est le début du « marché météo » où la Bourse va fluctuer au cours des prochaines semaines en fonction des conditions climatiques du Midwest.