Les superficies de blé d’automne et de seigle d’automne ont augmenté par rapport à l’année précédente et sont toutes deux les plus élevées de l’histoire de la province. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantStatistique Canada a publié, le 4 décembre dernier, les estimations finales de la production de grains au pays. Celles-ci étaient très attendues pour le Québec étant donné les difficultés climatiques rencontrées au cours de l’été. En outre, les estimations d’août et de septembre ne reflétaient pas les observations des producteurs aux champs, du moins pas pour le maïs et le soya.
Au Québec
Le changement majeur des estimations de décembre par rapport à celles de septembre est sans contredit la chute de 1,1 tonne à l’hectare (t/ha) du rendement du maïs, le portant à 8,9 t/ha, soit le pire rendement depuis 2014. Celui du soya a été révisé en baisse de 0,2 t/ha pour s’établir à 2,7 t/ha, également le pire depuis 2014. Rappelons-nous que la récolte de 2014 avait été catastrophique en raison d’une gelée hâtive mortelle le 19 septembre qui avait considérablement endommagé les cultures de maïs et de soya.
Par ailleurs, pour la plupart des céréales et pour le canola, les rendements ont été redressés, tandis que les superficies récoltées ont été coupées. Le rendement a été augmenté de 0,2 t/ha pour le blé, de 43 kg/ha pour le canola, de 0,2 t/ha pour l’orge et de 0,4 t/ha pour le seigle, et a diminué de 0,1 t/ha pour l’avoine. Les productions ont été réduites de 463 922 t pour le maïs, de 108 057 t pour le soya et de 2 594 t pour l’avoine (confirmant ainsi la plus petite récolte de l’histoire du Québec), alors qu’elles se sont accrues de 10 411 t pour le blé, de 34 t pour le canola, de 5 153 t pour l’orge et de 9 031 t pour le seigle. Il devient ainsi évident que le marché du maïs en 2025-2026 en sera un où le prix local suivra les valeurs de remplacement, soutenant le prix du maïs et des autres grains fourragers. Les superficies de blé d’automne et de seigle d’automne ont augmenté par rapport à l’année précédente et sont toutes deux les plus élevées de l’histoire de la province : 63 900 ha pour le blé et 36 400 ha pour le seigle, ce qui représente une hausse respective de 86 % et 21 %.

En Ontario
La diminution de la production du maïs en Ontario est assez similaire à celle du Québec, à 411 815 t, mais pour des raisons bien différentes : une légère baisse de 0,2 t/ha du rendement du maïs pour le situer à 11 t/ha, accompagnée par une réduction de 20 000 hectares des superficies récoltées. La production de soya a chuté de 411 604 t en raison d’une baisse à la fois du rendement de 0,3 t/ha à 3,1 t/ha et des superficies récoltées de 2 400 ha. La production du blé s’est accrue de 165 218 t grâce à une hausse de 3 700 ha des superficies récoltées et de 0,3 t/ha du rendement, lequel s’est établi à 6,3 t/ha. Les productions se sont établies à 9,49 millions de tonnes (Mt) pour le maïs, à 3,56 Mt pour le soya et à 3,03 Mt pour le blé (un record). Malgré la baisse significative de la récolte de maïs, il faut s’attendre à ce que le maïs et le blé entrent sur le marché québécois pour y combler le manque de maïs.
Au Canada
La situation dans l’Ouest canadien est complètement différente de celles des deux provinces de l’Est mentionnées précédemment. Les rendements nationaux sont records pour le blé, le canola, l’orge, l’avoine et le seigle, engendrant d’excellentes productions, dont deux records à 39,95 Mt pour le blé et à 21,80 Mt pour le canola. Malheureusement pour les producteurs de l’Ouest canadien, ces offres abondantes de grains au Canada coïncident également avec des récoltes satisfaisantes un peu partout sur la planète : en Union européenne, en Russie, en Australie, etc. Par conséquent, les prix des céréales risquent d’être baissiers d’ici les semis au printemps prochain.