Grandes cultures 19 août 2025

Deux fois plus de paille que d’habitude

Pour faciliter et accélérer le chargement de ses balles de paille dans des remorques, Laurent Rochat les empile l’une sur l’autre dans le champ, à coups de trois. Cette habitude le sert bien cette année, car la quantité de paille à gérer atteint des sommets inégalés, selon le producteur agricole de Saint-Césaire, en Montérégie.

« On a fait 1 428 balles de 7 pieds de long », explique celui qui exploite une ferme laitière, en plus de faire des grandes cultures. « On cultive beaucoup de blé et, cette année, on a eu deux fois plus de paille que d’habitude. »

« C’est un peu invraisemblable. On n’a jamais vu des rendements de paille aussi importants, laisse tomber le producteur. Les rendements de paille équivalaient aux rendements de blé en général, pour certaines variétés. » 

Sur les 600 hectares que Laurent Rochat cultive, le blé d’automne en occupait 90.

Une année normale, on parle d’entre trois et quatre tonnes de matières sèches à l’hectare. Cette année, on parle d’entre cinq et sept, dépendamment des variétés. Personne n’a jamais vu ça, autant de paille!

Laurent Rochat

La météo a également été favorable, fait valoir M. Rochat. « S’il n’avait pas fait si beau, il y aurait encore beaucoup de paille à terre », croit-il.

Astres alignés

La situation est la même à Mont-Saint-Grégoire, en Montérégie, où Sébastien Robert estime, « à l’œil », que c’est sûrement une des meilleures années qu’il ait connues en matière de rendement de paille. « Surtout avec les céréales d’automne », précise le producteur laitier. 

Le seigle d’automne qu’il cultive produit d’emblée une bonne quantité de paille. Mais « c’est exceptionnel cette année », dit-il. « J’ai aussi du blé du printemps, explique-t-il. C’est une excellente année, mais ce sont des quantités qu’on a déjà vues. » 

La quantité de paille à gérer est plus abondante que jamais, selon Laurent Rochat, un producteur de Saint-Césaire, en Montérégie. Photo : Gracieuseté de Laurent Rochat

Les astres étaient alignés pour obtenir un volume élevé de paille, croit le producteur. « Les conditions météo étaient réunies. Les semis ont été faits tôt et dans de bonnes conditions l’automne dernier. L’hiver a été clément, la fertilisation, bonne, et les pluies, abondantes au printemps », détaille-t-il.

« Le seigle avait plus de cinq pieds de hauteur. Ça fait des rendements de paille élevés », lance Sébastien Robert.

Des surplus 

Les quantités de paille produites par les deux producteurs sondés par La Terre excèdent largement leurs besoins, disent-ils. Ils ont ainsi l’intention de vendre leurs surplus, comme ils le font habituellement. 

Si Sébastien Robert croit que les prix de la paille pourraient être revus à la baisse en raison de cette abondance, Laurent Rochat n’en est pas aussi convaincu. 

« Ce n’est pas tout le monde qui a de la place pour entreposer la paille. Plusieurs décident de la hacher et de la laisser au champ », dit celui qui est optimiste d’écouler, à l’hiver, ses stocks entreposés sous un dôme.