Grandes cultures 25 juillet 2025

Début encourageant pour la récolte du blé d’automne

Les Beauchemin ont sorti leur moissonneuse-batteuse du hangar le 23 juillet pour débuter leurs récoltes 2025 sur une superficie de 16 hectares. « C’est un champ qu’on avait semé à la volée en blé pour faire de l’engrais vert après le nivellement [en 2024]. On ne s’attendait pas à grand-chose, mais on vient quand même de sortir 5,2 tonnes à l’hectare. Ça nous donne bon espoir de sortir peut-être un 7 ou 7,5 t/ha dans les champs [de blé d’automne] qu’on a semés au semoir. J’ai l’impression que ça va être une bonne année », exprime Jean-Michel Beauchemin, l’un des copropriétaires de la Ferme JN Beauchemin et Fils, située à Saint-Ours, en Montérégie.

Les fortes pluies avaient rabattu les tiges du blé au sol sur la moitié des superficies, ralentissant les opérations, nuance-t-il. Mentionnons que les Beauchemin ont un chantier de récolte particulier dans le blé puisqu’une ensileuse automotrice suit la moissonneuse-batteuse afin de recueillir la paille et l’envoyer directement dans les camions.

On ensile la paille, car on en met dans la ration de nos vaches. On fait ça comme ça pour avoir la plus belle qualité de paille possible. On ne veut pas qu’elle pogne l’eau et présente des toxines.

Jean-Michel Beauchemin

Le taux de protéine qui atteignait 10 % dans le blé récolté le 23 juillet n’était pas tant élevé, mais l’absence de toxine dans le grain plaît à Jean-Michel Beauchemin. Dans les champs restants, il s’attend à récolter du blé ayant plus de protéine et produisant encore plus de paille.

Photo : Jean-François Riendeau

Plus loin en Montérégie, Jean-François Riendeau, de Sainte-Martine indiquait à La Terre avoir obtenu entre 5,5 et 6 tonnes à l’hectare, conjugué à un fort volume de paille.
À Mirabel, dans les Laurentides, Marc-André Laurin de la Ferme Cardinal a commencé la récolte de blé d’automne chez un client et le rendement de 5,5 t/ha se révèle plus élevé que celui de l’an dernier dans le même champ, commente-t-il. « Ça s’annonce bien pour le reste de la récolte. »

Chez les Bergeries Marovine, à Saint-Charles-sur-Richelieu, en Montérégie, Johanne Cameron parle d’un rendement entre 6,5 et 7 t/ha. « C’est vraiment très bon dans le blé d’automne. On avait une bonne variété et elle n’a pas été écrasée par la pluie », observe l’agricultrice.

Photo : Les Bergeries Marovine

« Il y a des champs de maïs qui ne se battront pas cette année »

Il apparaît toujours hasardeux d’établir des prévisions de rendement au mois de juillet pour le maïs et le soya, sauf que cette fois, le conseiller Alexandre Couture situé au Centre-du-Québec assure que de nombreux champs, qui étaient en mauvaises conditions, offriront des rendements particulièrement anémiques cette année. « Dans les champs pas beaux, je n’ai jamais vu des champs pas beaux comment ça. Il y a des champs de maïs qui ne se battront pas cette année », prévoit-il. Oui la période des semis fut difficile ce printemps et oui les pluies excessives n’ont pas aidé par endroit, mais ces mauvaises conditions ont surtout des répercussions flagrantes chez les agriculteurs dont les champs sont mal drainés, mal nivelés et compactés, dit-il. « Les petits défauts du terrain, on les voit, multipliés par dix cette année. C’est le jour et la nuit avec des champs en bonnes conditions », rapporte le conseiller. À tel point qu’inversement, il observe des épis costauds et prometteurs sur les terres en bonnes conditions. « Il y a des champs qui vont donner autant de maïs que l’an passé, qui était une année exceptionnelle », pointe-t-il.

Lessivage

Un facteur que ne contrôlent pas les producteurs, la pluie, aura cependant eu l’effet de lessiver une quantité d’éléments fertilisants plus élevée qu’à l’habitude, signale M. Couture. « Le lessivage apporte des carences visuelles chez les plants, comme des feuilles du bas jaunies, des feuilles du haut jaunies qui peuvent témoigner d’un manque de soufre. Dans certains cas, je vois que même les fumiers ne semblent pas avoir minéralisé à cause de l’excès d’eau. »

De façon empirique, il estime que les rendements dans le maïs-grains pourraient déjà être amputés de 15 à 20 % globalement dans sa région. Le soya pose moins de problèmes, contraste-t-il. « Les plants de soya sont moins longs, mais on voit des supers beaux nodules. Je m’attends en moyenne à des rendements similaires à ceux de l’an dernier. Reste à voir quel mois de septembre nous aurons pour le remplissage des gousses. »