Éric Lapierre a métamorphosé deux de ses trois silos d’ensilage de béton en silos à grains pour la moitié du prix de silos neufs, un choix qu’il ne regrette pas. Photo : Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantÀ Saint-Nazaire-d’Acton, en Montérégie, Éric Lapierre a converti ses silos d’ensilage en silos pour les céréales, le maïs et le soya après qu’un incendie ait ravagé sa ferme laitière.
« Même le toit des silos d’ensilage avait fondu. Je me disais qu’on serait peut-être pris pour mettre ça à terre. C’est là que mon représentant a dit : ‘‘Pourquoi on ne remplace pas juste les toits d’ensilage avec de vrais toits de silos à grains?’’ » raconte le producteur.
La métamorphose a été effectuée en 2017. « Ça fonctionne super bien », commente M. Lapierre. Des raisons économiques l’ont poussé à conserver ses silos de béton.
Pour te donner une idée, j’ai une capacité d’environ 2 000 tonnes [de grains] qui m’a coûté entre 35 et 40 % du prix d’un même système d’entreposage neuf. Grosso modo, ça m’a coûté 20 000 $ modifier un silo.
Le changement de vocation de ses silos d’ensilage s’est effectué assez rapidement, à l’aide de deux grues : l’une qui a monté le nouveau toit fabriqué sur mesure pour chaque silo, tandis qu’une deuxième grue transportait une nacelle pour les installateurs.
Quelques défis
La compagnie qui a fabriqué le nouveau toit a dû user de débrouillardise, puisque les mesures standards des toits pour silos à grains ne sont pas les mêmes que pour des silos d’ensilage. « Il faut tricher avec les tôles », mentionne Jules St-Pierre, président de Weightronics-Manugrain, un fournisseur d’équipement d’entreposage de grains.
Par ailleurs, les anciens silos d’entreposage d’ensilage sont hauts et étroits, tandis que les silos pour le grain sont souvent plus larges et plus courts. Une vis à grains ne peut pas être utilisée; il faut un élévateur. Des grains comme l’avoine demandent une pente agressive entre la cime de l’élévateur et celle du silo, de sorte qu’un ancien silo d’ensilage de 20 mètres de hauteur pourrait nécessiter, selon l’espacement, un élévateur de 27 mètres (90 pieds). Il ne suffit pas de mettre un toit; il faut aussi ajouter un système de ventilation. La physionomie d’un ancien silo d’ensilage, axé sur la hauteur, nécessite une puissance accrue de ventilation. « Il faut un ventilateur centrifuge, car plus le grain est haut, plus ça prend de la pression pour le ventiler. Et le type de grains a un impact. L’air va percer moins dans le blé que dans le soya ou le maïs. Ça aussi, ça compte. Un ventilateur centrifuge, c’est plus dispendieux, mais l’avantage, c’est qu’il est moins bruyant. Les voisins aiment ça », explique M. St-Pierre.
Ce dernier confirme que le coût d’un silo métamorphosé est environ 50 % moindre qu’un silo neuf. Encore faut-il que son état soit sain et que le sol puisse soutenir le poids du grain, plus lourd que celui de l’ensilage de plantes.