Le prix du maïs-grain biologique a bondi en début d’année 2026, et celui des autres céréales a suivi la tendance. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantLes prix des grains biologiques sont à la hausse ces derniers mois, une situation davantage reliée à une réduction de l’offre, résultat d’une mauvaise saison, qu’à une augmentation de la demande.
De 420 $ la tonne à la récolte, le maïs-grain biologique a bondi au-delà de 600 $ en début d’année 2026. Un écart substantiel qu’il faut relativiser, selon Guillaume Camirand, directeur général de la Coop Agrobio.
« À 420 $, nous étions probablement en dessous du marché. C’est qu’à la récolte 2024, le Québec a tardé à se positionner et l’Ontario, qui nous compétitionne, a pris notre place, autant sur le marché local que sur celui de l’exportation. On s’est retrouvés avec de gros inventaires et les acheteurs ont senti un moment de panique et en ont profité. »
Guillaume Camirand estime qu’un peu moins de la moitié de l’augmentation de 200 $ est attribuable à ce rattrapage, tandis que le reste est dû à une mauvaise récolte en 2025. « Globalement, on a eu environ 20 % de moins de maïs qu’en 2024 à l’échelle provinciale en raison du printemps pluvieux et de la sécheresse en été. À la récolte, les inventaires étaient à un niveau très bas par rapport à la demande. »

Le maïs-grain servant souvent d’indice de référence, les prix des autres céréales ont suivi la tendance. « Dans l’avoine, les inventaires se sont écoulés rapidement alors que la demande était très bonne. Avec l’orge brassicole, il y a une rareté incroyable alors que les lots qui se qualifiaient étaient très rares », poursuit Guillaume Camirand.
Le soya bio n’a pas été en reste puisque les récoltes ont été durement affectées par les conditions météorologiques. « Au Québec, on a connu une baisse de rendement d’environ une tonne à l’hectare. Comme on cultive près de 16 000 hectares de soya, ça signifie qu’on était en déficit de 16 000 tonnes dans notre offre. »
Interrogé sur ses pronostics pour les prochains mois, le directeur général de la Coop Agrobio évite de se prononcer. « Ça se joue beaucoup sur les conditions de semis et de levée. L’an dernier, le printemps a été pluvieux et le niveau de précipitations dans les moments clés n’a pas été au rendez-vous. Ça nous a donné une mauvaise récolte, autant sur la quantité que la qualité. »
Même si la culture biologique ne requiert pas d’engrais de synthèse, la crise actuelle au Moyen-Orient pourrait jouer en faveur du maintien des prix à la hausse. « C’est certain que le contexte actuel crée une pression sur le prix des intrants synthétiques et éventuellement, ça va se refléter dans le prix des grains conventionnels. Il n’y a pas de cause à effet avec les prix du bio, mais reste que c’est un élément qu’on garde toujours en tête. » Avec la hausse des prix des grains conventionnels, l’écart avec le biologique se resserre, ce qui peut rendre ce dernier plus attrayant pour les acheteurs.