Forêts 27 janvier 2025

Vers un avenir prometteur pour les fermes forestières 

Le copropriétaire du verger Au Jardin des noix, Yvan Perreault, est persuadé que les fermes forestières seront appelées à se multiplier au Québec au cours des prochaines décennies. 

C’est la raison pour laquelle il partage ses connaissances et ses expériences dans le domaine, et multiplie les sessions de formation et les rencontres-conseils, notamment à l’intention des producteurs agricoles. 

« Nous disposons d’un potentiel incroyable encore inexploité, dit-il. Le Québec pourrait être l’un des principaux exportateurs de champignons sauvages alors qu’on en importe. Ce n’est pas normal. »

Avec son frère Alain, il a donc repris la ferme familiale en 2006 pour y créer une vaste exploitation atypique à Saint-Ambroise-de-Kildare, dans Lanaudière, un verger d’arbres à noix favorisant la pratique de la permaculture. L’entreprise, qui compte maintenant 2 000 arbres à noix et 2 000 noisetiers, exploite et récolte des champignons et autres comestibles forestiers.

L’arboriculteur partage les connaissances acquises au fil de ses expériences avec d’autres producteurs qui disposent d’espaces impropres aux cultures traditionnelles et qui gagneraient à être exploités.

Il y a partout des parcelles de terre, des boisés, des terres en friche, des dénivelés qui ne sont pas accessibles à la machinerie agricole. On pourrait y planter des arbres à noix, des arbres fruitiers ou cultiver d’autres végétaux comestibles.

Yvan Perreault

Le producteur donne l’exemple de sa propre exploitation, une terre argileuse impropre à de nombreuses cultures. « On a décidé d’en faire un verger. On a utilisé différentes techniques pour favoriser le développement du système racinaire des jeunes plants dans la glaise avec l’utilisation de BFR [bois raméal fragmenté] ou du brou de noix, et on exploite les champignons forestiers dans la partie boisée. On développe des cultures permanentes; ça veut dire qu’on plante une fois et qu’on récolte tout le temps. »

Yvan Perreault recommande aux producteurs d’examiner leur exploitation pour identifier ces zones pouvant servir à développer « une autre façon de faire de ­l’agriculture ».

« Pas besoin d’avoir de grands moyens parce qu’il n’est pas nécessaire de lancer une production à grande échelle, dit-il. Il faut déterminer ce qui est le plus propice pour le climat et les conditions de terrain, essayer des cultures, faire des expériences, développer des ­produits à faire découvrir aux consommateurs. »

L’arboriculteur conseille surtout aux producteurs de prendre le temps d’acquérir des connaissances et de suivre des formations qui leur permettront de s’outiller pour se lancer dans l’aventure.