Après une insémination et l’implantation d’un embryon thérapeutique, Princy Super Thunder, une vache Holstein de la Ferme Princy, a donné naissance à deux veaux de races Angus et Limousin. Photo : Gracieuseté de la Ferme Princy
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S'abonner maintenantDes producteurs laitiers de Sainte-Germaine-Boulé, en Abitibi-Témiscamingue, ont eu toute une surprise à la fin de 2024 lorsqu’une vache a donné naissance à deux veaux… de races différentes.
En effet, après plusieurs tentatives infructueuses d’insémination avec de la semence sexée, Princy Super Thunder, l’une des 120 vaches Holstein de la ferme, ne parvenait toujours pas à tomber gestante.

« Je commence tout le temps à faire l’insémination avec de la semence sexée, explique Mylène Bégin, copropriétaire de la ferme avec son père et son frère. Après quatre inséminations de semence sexée, à un moment donné, je vire avec du Angus. Mais si tu ne colles pas avec du Angus, l’embryon thérapeutique, c’est la dernière chance. »
Cette solution de dernier recours, utilisée chez « deux à trois » sujets chaque année à la ferme, consiste à implanter un embryon prélevé chez une vache donneuse « ultra fertile » après sept jours de multiplication cellulaire. Après huit saillies infructueuses, un embryon de race Limousin rouge a ainsi été implanté par un vétérinaire chez Princy Super Thunder, sept jours après l’insémination de semence Angus.
Habituellement, quand une vache est rendue critique comme ça, c’est l’embryon qui va coller. Mais là, elle est tombée gestante des deux.
Rien ne laissait présager que la vache portait des jumeaux, raconte la productrice qui, avec le recul, reconnaît que certains indices étaient visibles. « Je la trouvais maigre pour une vache à qui ça avait pris neuf mois avant de coller. Habituellement, elles deviennent de vraies toutounes. Pour une vache tarie qui avait été longue à mettre gestante, je trouvais que sa cote de chair était quasiment comme une vache qui est en plein pic de lactation », illustre l’agricultrice, qui comprend maintenant qu’elle devait puiser dans ses ressources pour amener les deux veaux à terme. Les grossesses multiples sont peu fréquentes chez les bovins. Au sein du troupeau laitier de la Ferme Princy, cette situation se présente une ou deux fois par année. Bien sûr, les vétérinaires qui pratiquent l’implantation d’embryons thérapeutiques informent les éleveurs de cette possibilité, mais rares sont ceux qui ont déjà vécu un tel événement.
« Ils savent que c’est possible. Mais [celui qui a fait l’implantation] n’avait jamais vu ça de sa carrière. J’ai parlé avec une vétérinaire de 10 ans de carrière et elle aussi m’a dit qu’elle n’avait jamais vu ça en 10 ans », relate Mylène Bégin, qui ajoute que la surprise a aussi été totale auprès de ses milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux.
La productrice ajoute que le veau Limousin est ainsi devenu la « mascotte de la ferme ». « On est 100 % Holstein noir et blanc. Donc, c’est sûr que le petit Limousin rouge sort du lot », fait-elle valoir. La famille Bégin prévoit le garder à la ferme pendant deux ans avant de faire boucherie. Quant au petit Angus issu de l’insémination, il prendra la direction de l’encan.