Les marges de crédit consenties en début d’année ne suffisent plus à couvrir la hausse rapide des prix des animaux, créant des problèmes de liquidités pour plusieurs entreprises bovines. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantMalgré l’augmentation récente du plafond de garantie de La Financière agricole du Québec (FADQ) sur les marges de crédit des entreprises, qui est passé de 500 000 $ à 1 M$, le défi reste de taille pour les éleveurs bovins du Québec, qui jonglent avec une hausse fulgurante de la valeur marchande de leurs animaux.
C’est ce que Sébastien Vachon, président des Producteurs de bovins du Québec, a exposé lors d’un webinaire organisé avec la FADQ, le 27 avril, pour permettre aux membres de son organisation d’en apprendre davantage sur les nouvelles options de financement à court terme offertes depuis le 1er avril. « C’est le point chaud dans la dernière année : les montants de base qui sont pris en considération pour le financement des animaux ne sont pas actualisés. Les banques évaluent que l’achat d’un veau est autour de 2 500 $, alors que la valeur marchande a explosé à 4 000 $. C’est le cas pour le veau de grain, le bouvillon d’abattage, le veau de lait : tous les engraisseurs ont eu ce défi-là », a-t-il résumé devant le représentant de la FADQ. Cette situation a créé un manque de liquidités pour plusieurs, alors que les marges de crédit consenties en début d’année ne suffisent plus à couvrir cette hausse rapide des prix, a-t-il avancé.

« Je comprends que ça fait un écart, mais il faut alors évaluer dans quelle mesure on peut retourner s’asseoir avec le prêteur pour rajuster ces montants-là, afin de tenir compte de la réalité. Vous avez un bon casse-tête devant vous autres, parce qu’avant, les prix dans votre secteur étaient plutôt stables », a répondu André Picard, vice-président au financement de la Financière.
Ce dernier s’est malgré tout montré rassurant, soutenant que les nouveaux outils seront testés et réajustés selon les besoins, et dans la limite de ce que les banques acceptent de financer. « L’évaluation des besoins à court terme se fait donc déjà avec l’institution financière au cas par cas. Il s’agit qu’on s’entende à l’effet que ça répond aux besoins de l’entreprise. Après, nous, on vient créer cette valeur-là en apportant une garantie de cautionnement. On va le voir à l’usage, si ça fonctionne bien; et s’il faut réajuster le tir, on le fera. On est en contact régulier avec les institutions financières pour ça », a-t-il mentionné.
Il a par ailleurs invité les producteurs à la prudence concernant la structure de leur dette en leur conseillant notamment d’éviter de financer les actifs à long terme, comme l’achat de vaches reproductrices, avec des outils à court terme, comme la marge de crédit.
Rappelons que depuis le 1er avril, la FADQ a bonifié certaines initiatives, afin de permettre aux producteurs qui se sentent étouffés par la hausse du coût des intrants ainsi que par l’augmentation du coût des animaux d’avoir accès à davantage de liquidités pour gérer les activités de la ferme.