Bovins 7 novembre 2025

Des espoirs de changements à la Financière

« Ce n’est pas juste le foin; c’est les pacages. Moi, j’ai 100 vaches au pacage », dit celui qui fait paître son troupeau en rotation dans différentes parcelles tout au long de la saison estivale. « Normalement, j’aurais dû faire quatre tours. J’ai fait les deux premiers tours; c’était bien. Le troisième, il n’y avait rien. Je l’ai retardé, et il n’est pas encore fait [à ce jour]. » 

Inquiet de savoir si les programmes d’assurance de La Financière agricole du Québec allaient rapidement le dédommager pour les pertes de foin et de pâturages subies en raison de la sécheresse, il a profité d’une présentation du directeur régional de l’organisation, Benoit Rioux, lors de l’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) Gaspésie-Les Îles pour l’interpeller sur la question, le 29 octobre. Ce qu’il a déduit de la réponse, c’est qu’il faudra, « comme d’habitude », être obligé de « se battre pour essayer d’avoir ce pour quoi on est assurés », a-t-il déploré. 

M. Rioux a précisé à La Terre que la méthode de calcul des pertes au pâturage n’avait pas évolué de la même façon que celle du foin. Le directeur de la fédération régionale, Guy Gallant, rapporte que la sécheresse a effectivement mené de nombreux producteurs au micro en assemblée.

Il indique que le directeur régional de la Financière a fait état de changements à venir au sein de son organisation avec l’arrivée du nouveau président-directeur général, Stéphane Labrie. Ce dernier s’est d’ailleurs engagé à accorder une grande entrevue à La Terre sur le sujet en janvier.

« Dans l’approche, c’est vraiment une approche client. Il veut vraiment que le producteur soit au centre des programmes. Et non des programmes pour des programmes, puis que quand on pense qu’il y a une problématique, qu’on va pondre un programme. Non, il faut que le besoin vienne des producteurs, indique M. Gallant. C’est la compréhension que notre représentant régional de la Financière a eue lors [d’une rencontre d’équipe avec M. Labrie]. Puis, il pense que les babines vont suivre les bottines parce qu’à la suite la rencontre qu’ils ont eue, il y a déjà plusieurs comités et rencontres de callés pour examiner justement les programmes, la façon qu’ils sont gérés, etc. » Des propos que M. Rioux a bien confirmé à La Terre.

Assurance foin individuelle?

L’idée d’un programme d’assurance foin individuelle, que la région défend avec intérêt en raison des disparités climatiques régionales, serait même envisagée. « Est-ce que c’est réalisable? Est-ce que ça peut? Ça, c’est une autre affaire, mais au moins, l’intention est là d’évaluer », a fait valoir Guy Gallant. 

Rappelons que le programme actuellement en vigueur est une assurance collective qui dédommage les producteurs de foin en fonction de rendements moyens régionaux. Une assurance individuelle permettrait de dédommager les producteurs en fonctions de leurs rendements personnels, exactement ce que Rodrigue Leblanc souhaiterait avoir.