Bovins 23 août 2024

Des bouvillons pour éviter le gaspillage de foin

Pour éviter le gaspillage de foin, la ferme laitière J.N. Beauchemin et Fils, à Saint-Ours, en Montérégie-Est, a ajouté 40 bovins de boucherie à son troupeau laitier de 375 têtes. Une initiative qui permet également à la ferme de se rapprocher du consommateur.

Ce que les vaches ne mangent pas, les bœufs le mangent.

Ghislain Beauchemin, copropriétaire de la ferme laitière J.N. Beauchemin et Fils

L’idée de nourrir des bouvillons avec les restes de foin non consommés par les vaches laitières a germé peu avant la pandémie. « C’est comme quand on était jeunes. On poussait l’ensilage au bout de l’allée à deux animaux qui prenaient tous les restants des vaches, engraissaient et que finalement, on tuait pour la viande familiale », explique M. Beauchemin. 

À l’échelle de sa ferme, les restes de nourriture de 600 animaux, qui représentent trois ou quatre pour cent de leur consommation quotidienne, sont emportés dans un dôme adjacent à l’étable, où 40 bouvillons, de 0 à 30 mois, sont engraissés à l’extérieur, été comme hiver. Le producteur précise toutefois devoir compléter l’alimentation de ses bovins de boucherie avec du foin sec. Lorsqu’ils atteignent l’âge de 25 à 30 mois, deux bouvillons par mois sont abattus, ce qui représente une vingtaine d’animaux annuellement. 

Photo : Gracieuseté de Renaud Beauchemin

L’objectif de ce projet est également de rapprocher la ferme du consommateur. « On transporte notre viande congelée avec un petit véhicule réfrigéré à l’effigie de la ferme et on fait des petits marchés. On fait des choses pour se rapprocher du monde. On fait des campings l’été », dit-il. La viande est aussi vendue au supermarché IGA de Sorel-Tracy et dans une dizaine de points de vente entre Sorel et Saint-Hyacinthe. « Là, c’est rendu, cette année, que tout le monde aimerait en avoir. On pourrait en vendre 10 fois plus, mentionne-t-il. On est la saveur du moment depuis deux ou trois ans. » 

Le producteur ne souhaite toutefois pas agrandir le troupeau de bovins de boucherie, ce qui serait contre-performant pour la ferme.

Les plus beaux morceaux, tout le monde les veut. Il n’y a pas de prix quasiment, mais il y a tous les restants de l’animal à manger après et on se retrouverait avec des surplus qu’on ne serait pas capables de passer.

Ghislain Beauchemin

Concilier les deux productions n’est pas hors du commun pour les producteurs laitiers. Au Bic, dans le Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis élève des vaches de races Charolaise et Angus noires depuis longtemps. « Mon gendre avait rentré ça dans le temps, il voulait en avoir. On avait des bâtisses et ça mange. Ils font juste ça, manger, eux autres », mentionne-t-il.