Afin de mettre fin à la saga de l’abattoir Levinoff-Colbex, le gouvernement du Québec supprime la dette des producteurs de bœufs associée à ce projet. Crédit : Archives/TCN
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S'abonner maintenantL’imposante dette de l’abattoir Levinoff-Colbex, qui était toujours dans les états financiers des Producteurs de bovins du Québec (PBQ), a été radiée par un don de 19 727 752 $ d’Investissement Québec; une décision politique publiée dans la Gazette officielle du Québec, le 16 juillet.
Rappelons que dans leur dernier rapport financier présenté au début 2025, les PBQ avaient indiqué que le déficit important de 19 530 105 $ accumulé dans le Fonds de développement de la mise en marché des bovins de réforme, occasionné principalement par son investissement dans Levinoff-Colbex. D’un point de vue comptable, cette dette créait un doute important relativement à la capacité de la fédération des Producteurs de bovins du Québec de poursuivre ses activités. « Nonobstant ce qui a été mentionné précédemment, l’organisme est d’avis qu’il ne sera pas en mesure d’assumer ses obligations à l’égard de cet emprunt et, conséquemment, la direction de l’organisme s’est donnée comme position de demander à son créancier de renoncer à son prêt », écrivaient les PBQ dans leur rapport annuel.
Investissement Québec a donc radié le prêt qui restait toujours, et ce, au montant de 19 727 752 $, incluant les intérêts et les frais, lequel avait été accordé, le 31 août 2005, pour soutenir la relance de l’abattoir, indique-t-on dans la Gazette officielle du Québec.
Soulagement
Rejoint par La Terre, le président des Producteurs de bovins du Québec, Sébastien Vachon, se disait soulagé de voir enfin cette dette radiée. « Je suis très heureux. Ce n’est pas moi qui ai réglé ça seul, c’est en équipe. […] On a réglé le passé, on regarde vers l’avant, on se concentre sur la stratégie de la durabilité et de la production bovine », a-t-il dit en direct de la journée champêtre qu’il organisait sur sa propre ferme située à Saint-Frédéric, en Chaudière-Appalaches, où il attendait près de 500 personnes de la production bovine.
2,8M $ pour le développement durable de la filière
La radiation de la dette par Investissement Québec implique des conditions, spécifie le décret du gouvernement québécois. Si Investissement Québec n’exige pas que les producteurs épongent une partie de leur dette en lui refilant la somme de 2,8 M$ qu’ils avaient accumulés dans le Fonds pour le développement de la mise en marché des bovins de réforme, l’État demande toutefois aux producteurs d’utiliser leur fonds de 2,8 M$ pour réaliser des projets à portée collective portant sur la durabilité, dont la réduction des gaz à effet de serre. Les dirigeants des PBQ n’ont pas encore identifié de projets précis; ces derniers seront décidés par un comité dirigé conjointement par les PBQ et le ministère de l’Agriculture du Québec. Toutefois, Sébastien Vachon souligne que les 2,8 M$ ne serviront pas seulement la cause environnementale, mais devront aussi servir à financer des projets économiques et sociaux afin d’aider à la pérennité des fermes bovines. De plus, les producteurs de bovins de réforme, qui inclut aussi des producteurs laitiers, seront ciblés en priorité pour ces projets puisque ce sont eux qui ont investi dans le fonds de 2,8 M$.