Apiculture 27 février 2026

Plus de ruches envoyées au Nouveau-Brunswick

Depuis trois ans, les ruches du Québec destinées à la pollinisation des cultures de bleuets et de canneberges sont de plus en plus nombreuses à prendre le chemin du Nouveau-Brunswick, où les prix payés aux apiculteurs sont plus élevés que ceux généralement offerts au Québec.

En 2025, ce sont donc 5 042 ruches qui ont traversé la frontière vers le Nouveau-Brunswick sur un total de 29 000 ruches québécoises mobilisées pour la pollinisation. Ce nombre était de 3 600 en 2024, et de 1 512 en 2023. Des ruches qui ne sont ainsi plus disponibles aux producteurs de bleuets du Québec, qui ont eu recourt, en 2025, à un nombre record de bourdons pour la pollinisation, soit 12 800 quads, ont rapporté les Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ) dans le cadre de leur assemblée générale annuelle, le 20 février, à Victoriaville.

Raphaël Vacher
Raphaël Vacher

Raphaël Vacher, président de l’organisation, estime que le syndicat des producteurs de bleuets, en refusant de payer le prix recommandé par les AADQ pour la pollinisation, est en train de perdre accès aux ruches du Québec et que cette situation s’accentuera si rien ne change. « Ils font toujours des pressions pour payer moins, surtout les années où le prix des bleuets est à la baisse, mais ce n’est jamais en fonction du coût de production des apiculteurs. C’est là qu’on décroche », réagit-il.

Depuis 2023, les AADQ recommandent pourtant entre 225 et 250 $ par ruche pour que la pollinisation soit rentable pour leurs membres. Or, le prix de référence des producteurs de bleuets a pourtant baissé, de 2023 à 2024, de 220 $ à 216 $, selon les AADQ. « Selon moi, le syndicat [des producteurs de bleuets] du Québec se tire dans le pied en faisant ça. C’est donc tout à fait normal que les apiculteurs soient plus nombreux à se tourner vers le Nouveau-Brunswick pour avoir un meilleur prix. En plus, là-bas, ils n’ont pas à payer pour les frais de transport, et les ruches peuvent avoir 25 % moins d’abeilles que ce qu’on nous exige ici », ajoute-t-il.  


L’adhésion au CCM remise en question

Les Apiculteurs et apicultrices du Québec (AADQ) ont majoritairement rejeté la proposition du Conseil canadien du miel (CCM) de doubler sa cotisation annuelle d’ici quatre ans, de 0,16 $ à 0,32 $ par ruche, lors de leur assemblée générale, le 20 février. Bien que l’importance du CCM pour la défense des intérêts fédéraux soit reconnue, les membres s’inquiètent pour la viabilité financière de leur association provinciale. Car selon le président, Raphaël Vacher, cette hausse absorberait la ­quasi-totalité des revenus des AADQ; la cotisation actuelle représentant déjà les deux tiers de leur budget. « Il y aura conséquemment une décision difficile à prendre si les autres provinces canadiennes adhèrent à la demande du CCM », a-t-il souligné, sous-entendant que l’organisation qu’il représente pourrait ne pas être en mesure de payer la cotisation.