Apiculture 28 février 2025

Le secteur apicole mieux assuré en cas de « catastrophes »

Après plusieurs années à subir d’importantes pertes de leurs cheptels, des apiculteurs redoutent une hausse de leur prime d’assurance récolte cette année. Voilà qui pourrait toutefois être moins lourd à porter dès 2027, quand une nouvelle protection contre les catastrophes liées aux changements climatiques sera offerte dans la nouvelle mouture du programme d’assurance récolte, en processus de refonte depuis 2022. 

« Les pertes catastrophiques seront financées en totalité par les gouvernements, pour que les producteurs n’aient pas à payer la prime associée à ces pertes », a expliqué Sophia Boivin, directrice du programme d’assurance récolte à La Financière agricole du Québec, lors de l’assemblée générale des Apiculteurs et apicultrices du Québec. Cette nouvelle protection, offerte « à très faible coût », a-t-elle spécifié, se déclenchera seulement quand les pertes sont 10 % supérieures aux pertes historiques, ce qui représente des pertes « d’environ 70 % du cheptel pour les apiculteurs », a-t-elle décrit. 

Parmi les autres nouveautés de cette refonte, elle a entre autres mentionné l’abolition du nombre minimum de ruches assurables fixé à 35 ruches, et la simplification des programmes.  

Un programme victime de sa popularité

L’apiculture est par ailleurs le seul secteur de production agricole ayant déjà droit à une réduction de la prime d’assurance récolte de 5 à 10 % en cas de pertes dites catastrophiques. Mais pour pouvoir offrir cet avantage, la Financière devait prouver au gouvernement fédéral, qui participe au financement, que cette protection ferait augmenter le nombre d’assurés, pour une meilleure mutualisation du risque. Elle a ainsi mis en place, en 2022, le programme de soutien aux entreprises apicoles, doté d’une enveloppe budgétaire de 1 M$, pour offrir différents rabais afin de stimuler les adhésions au programme d’assurance. La mesure a eu l’effet escompté, faisant bondir le nombre de ruches assurées de 15 900 à 30 000 au Québec de 2021 à 2022.

C’est un bond de 21 % à 51 % des ruches assurées, ce qui, pour nous, est du jamais vu, tous secteurs confondus.

Sophia Boivin, directrice du programme d’assurance récolte à La Financière agricole du Québec

Le contrecoup de cette popularité a été de faire fondre les fonds du programme plus vite que prévu. « Ça fait en sorte que le rabais accordé cette année sera de 25 % plutôt que 30 % comme l’année dernière, et que le programme se terminera cette année plutôt que dans deux ans. Mais le dialogue est ouvert pour voir où on s’en va pour trouver de nouvelles mesures pour le secteur », a indiqué la directrice du programme d’assurance récolte.