Acériculture 17 avril 2026

Sirop falsifié : les PPAQ ont Steve Bourdeau dans leur mire

Le reportage de l’émission Enquête du début avril souligne une fois de plus l’importance des médias en révélant la présence de sirop d’érable falsifié sur les tablettes d’épiceries québécoises. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont visionné le reportage avec intérêt, car Steve Bourdeau est un acériculteur connu depuis plusieurs années pour de multiples manquements aux règles de mise en marché collective du sirop d’érable. On y apprend entre autres, par l’entremise de micros cachés, que le producteur de Saint-Chrysostome, en Montérégie, a acheté du sirop au noir d’autres acériculteurs québécois pour le revendre en épicerie. « Le reportage de l’émission Enquête nous permet de croire qu’il pourrait y avoir une contravention à la réglementation. Le cas échéant, nous saisirons les autorités compétentes, c’est-à-dire La Régie des marchés agricoles du Québec », affirme par courriel Joël Vaudeville, directeur des communications des PPAQ. Il précise que les avocats des PPAQ vérifient si d’autres recours pourraient être entrepris. L’organisation syndicale dit avoir également déposé une plainte auprès du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et fait pression sur l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour s’assurer que la vente de sirop d’érable falsifié ne restera pas impunie et que les contrôles mis en place soient renforcés.

De son côté, le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, se désole du tort causé à la réputation des acériculteurs depuis que Radio-Canada a révélé que Steve Bourdeau « coupait » son sirop d’érable avec jusqu’à 50 % de sucre de canne. « Je peux comprendre les gens, les consommateurs qui se posent des questions, mais je veux les rassurer en même temps parce que les gens mettent quand même leur nom sur les étiquettes. C’est une fierté », insiste-t-il.

Il faut préciser que Steve Bourdeau vendait directement son sirop aux détaillants et épiciers, évitant ainsi les contrôles des PPAQ. Or, seulement 2 % des volumes de sirop d’érable sont distribués de cette manière. Il s’agit d’ailleurs de la première fois de leur histoire que les PPAQ sont confrontés à une falsification du sirop d’érable.

Avec la collaboration de La Presse Canadienne