La ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, réserve aux acériculteurs 50 000 hectares en forêt publique pour les vingt prochaines années. Crédit: Martin Ménard/TCN
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S'abonner maintenantLÉVIS – Après plusieurs années de moyens de pression, les acériculteurs ont réussi à faire fléchir Québec sur la fameuse question de la priorité accordée à la production de sirop d’érable en forêt publique. La ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, s’est déplacée à l’assemblée générale annuelle des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), le 22 mai, à Lévis, afin de leur annoncer qu’elle leur réservait finalement une banque de superficies de 50 000 hectares en forêt publique pour les vingt prochaines années.
Les producteurs ont réagi en applaudissant chaudement la ministre, surtout que l’automne dernier, l’ambiance était toute autre. Les négociations s’étiraient et des producteurs avaient haussé le ton envers la ministre lors de leur assemblée semi-annuelle, réitérant leur demande d’obtenir 25 000 ha pour les projets acéricoles implantés dans un horizon de moins de 10 ans et 35 000 ha pour les projets acéricoles mis en place dans un horizon de moins de 20 ans. Cela représentait une demande totale de 60 000 hectares de peuplements d’érables qu’ils voulaient protéger de l’industrie forestière.
Les 50 000 ha annoncés aujourd’hui par la ministre se sont révélés être de la musique aux oreilles du président des PPAQ, a-t-il dit à La Terre.
On est très satisfaits du 50 000 ha, et du fait que toutes les régions au Québec auront une pointe de tarte de ces superficies pour développer l’acériculture.
Changement de ton
M. Goulet a raconté avoir commencé à observer un changement de ton au début janvier de la part des représentants du ministère des Forêts. « On véhiculait les mêmes arguments des dernières années [sur l’incidence économique positive de l’acériculture en forêt publique], mais les pourparlers stagnaient. Le ton est devenu plus à la collaboration en janvier, comme si notre argumentaire était finalement compris. On a alors accentué le nombre de rencontres et les gens du ministère nous ont finalement fait une place pour sécuriser notre développement de l’acériculture au Québec. C’est un soulagement », a-t-il indiqué.
Les dernières statistiques de vente de sirop d’érable qui affichent des exportations records de 155 millions de livres en 2024 ont aidé la cause des PPAQ, confirmant la croissance de l’industrie de l’érable et l’importance de prévoir l’exploitation de nouvelles érablières.
Luc Goulet a souligné à cet égard que les 50 000 ha annoncés par la ministre seront particulièrement favorables à la relève. La forêt publique est avantageuse pour cette dernière, qui n’a pas à acheter un peuplement d’érable, car la forêt publique est louée au gouvernement.
Qui surveillera?
Maïté Blanchette Vézina a également mentionné son projet de loi 97 visant principalement à moderniser le régime forestier. Basé sur un concept où la forêt publique sera découpée en trois grandes zones, ce projet de loi prévoit une zone qui visera à offrir davantage de prévisibilité pour le développement de l’acériculture au Québec, a spécifié la ministre.
Des producteurs sont venus au micro pour lui demander quel mécanisme sera mis en place pour assurer une bonne protection des secteurs acéricoles à haut potentiel. La ministre a parlé d’un guide et de balises qui resteront à être déterminés. « Mais ce qui est prévu par la loi, c’est d’alléger [les procédures] », a insisté Mme Blanchette Vézina, une fois de plus sous les applaudissements des acériculteurs.