Acériculture 1 juin 2026

Plessisville accuse Mirabel de lui voler son titre de capitale mondiale de l’érable

Plessisville porte fièrement le titre de capitale mondiale de l’érable. En janvier 2026, la Ville de Mirabel a fait enregistrer auprès de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada la marque capitale internationale de l’érable, ce qui a soulevé l’ire du maire de Plessisville, Marc Morin, et de ses confrères de la MRC de L’Érable, dans le Centre-du-Québec. 

« [S’il y a] une chose que je peux vous jurer, c’est que la pilule ne passe pas et ne passera jamais, affirme M. Morin. Je ne cherche pas la guerre, mais la justice et le respect. » Après avoir appris la nouvelle par La Terre, en février, ce dernier a contacté et visité ses homologues de Mirabel avec l’objectif de les faire changer d’idée, mais en vain. 

« Mirabel veut attirer les excursionnistes, les touristes de Montréal qui iront dans leurs cabanes commerciales. Je n’ai rien contre ça, qu’ils le fassent, mais qu’ils ne touchent pas à notre appellation. L’érable, c’est notre marque de commerce. Ici, tout s’appelle érable : la Clinique médicale de l’érable, la Clinique vétérinaire de l’érable, la Villa de l’érable pour personnes âgées… C’est ici que se trouve la plus grosse réserve de sirop d’érable au monde, qu’on exporte dans 48 pays. Ça commence à être international et mondial », a dit le maire. 

Roxanne Therrien

De son côté, la mairesse de Mirabel, Roxanne Therrien, explique que les mots « mondiale » et « internationales » désignent des réalités distinctes, portées par des stratégies et des territoires différents. 

Elle argue que la filière acéricole québécoise est assez grande « pour accueillir plusieurs champions ». Elle préfère un esprit de collaboration avec Plessisville et non de confrontation. « Mirabel respecte pleinement le titre de capitale mondiale de l’Érable que Plessisville détient depuis 1976. Nous n’avons jamais cherché à remettre en cause cette distinction historique, et nous continuons de la reconnaître avec le plus grand respect », signifie-t-elle. 

La mairesse mentionne que Mirabel a investi depuis plus de dix ans dans la promotion concrète de l’acériculture québécoise, incluant des événements annuels associés au lancement de la saison des sucres, le concours du plus gros érable et le festival Mirabel fête l’érable du Québec à l’automne, en plus d’adopter une Stratégie de l’érable 2025-2029 reposant sur six orientations et soixante-douze actions. 

Des maires campés sur leur position

Le maire de Plessisville assure que cette situation froisse beaucoup de gens dans sa région, le poussant à écrire une lettre à la mairesse de Mirabel, lui demandant tout simplement de cesser d’utiliser le titre de capitale internationale de l’érable. « On n’a jamais eu de réponse. C’est un autre manque de respect. Mais ce n’est pas fini », affirme Marc Morin. 

Pour sa part, la mairesse est sans équivoque : « Mirabel ne cédera pas sa marque. Mais nous demeurons pleinement ouverts à renouer le dialogue avec nos partenaires de la MRC de L’Érable, car c’est en unissant nos forces que nous servirons le mieux l’acériculture québécoise. »