Les acériculteurs ont manifesté, le 27 novembre, à Lévis, demandant au ministre des Forêts d’appliquer dans son intégralité l’entente de principe convenue au printemps dernier, comprenant les 2 000 hectares de forêts publiques octroyés au Bas-Saint-Laurent. Photo : Gracieuseté des PPAQ
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S'abonner maintenant« Ce n’est pas vrai qu’on va laisser le ministère des Forêts trahir sa promesse », a dit Luc Goulet, président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), en ouverture de l’assemblée semi-annuelle de son organisation, le 27 novembre, à Lévis.
Luc Goulet a invité ses membres à arborer un autocollant « pas de forêt, pas de sirop » et à sortir à l’extérieur de l’édifice afin d’envoyer un message clair au nouveau ministre des Forêts, Jean-François Simard.
On est solidaires, on va se tenir. Et le ministre devra appliquer dans son intégralité l’entente de principe convenue au printemps dernier, dont les 2 000 hectares octroyés au Bas-Saint-Laurent.
Dans un énième chapitre de la saga des érablières en forêt publique, Luc Goulet ne digère pas que le ministre revienne sur sa parole et retranche 1 000 ha aux 2 000 qui étaient réservés aux acériculteurs du Bas-Saint-Laurent, sous prétexte que des attestations de réservation n’avaient pas été utilisées de leur part.
200 manifestants
Près de 200 producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent ont d’ailleurs manifesté devant les bureaux régionaux du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF), de même que devant le bureau de leur députée provinciale, le 21 novembre, à Rivière-du-Loup, afin de forcer le gouvernement du Québec à respecter sa parole et à leur octroyer 2 000 hectares d’érablière en forêt publique pour y produire du sirop d’érable.
« Ici, dans la région, les peuplements d’érable sont extrêmement convoités par l’industrie forestière, par le développement éolien, etc. Mais ce n’est pas vrai qu’on va laisser 1 000 ha d’érablière partir comme ça », a affirmé Justin Plourde, président des Producteurs et productrices acéricoles du Bas-Saint-Laurent–Gaspésie.
En entrevue avec La Terre, M. Plourde a indiqué que des responsables du ministère des Ressources naturelles et des Forêts les ont invités à négocier plutôt qu’à manifester.
Ils veulent négocier pour moins de 2 000 ha. C’est négocier de mauvaise foi. Pour nous, il n’y a plus de négo; on va se battre pour les 2 000 ha. Dans les autres régions, ça marche [et les hectares promis seront octroyés]. Pourquoi est-ce différent dans le Bas-Saint-Laurent?
Justin Plourde explique que les barrières tarifaires des Américains sur le bois d’œuvre entraîneront un ralentissement économique et des mises à pied dans sa région et il croit que de développer l’acériculture en forêt publique se révèle une solution pour créer des emplois et de la richesse. « Juste l’an passé, nous avons vendu plus de 150 M$ de sirop auBas-Saint-Laurent », argue-t-il.
Québec ne recule pas
La Terre a demandé au MRNF s’il honorera l’entente âprement négociée entre la ministre de l’époque, Maïté Blanchette Vézina, et les PPAQ. « L’entente de principe conclue entre le ministère des Ressources naturelles et des Forêts et les PPAQ le 22 mai 2025, confirmant une répartition de superficies dédiées à l’acériculture dans les différentes régions à potentiel acéricole du Québec, est toujours valide et fait l’objet de discussions avec les PPAQ quant à sa mise en œuvre. Par cette entente de principe, le MRNF s’est engagé à octroyer une banque de superficies de 50 000 hectares pour assurer le développement de la filière acéricole à long terme, soit pour les vingt prochaines années. Cette réserve de superficies s’ajoute aux 45 300 hectares actuellement sous permis en forêt publique, pour un total de près de 100 000 hectares », répond le service des relations publiques du ministère.
Concernant le sentiment de trahison décrit par les producteurs du Bas-Saint-Laurent, le ministère répond que l’entente négociée de bonne foi en mai dernier est une entente nationale qui doit être considérée dans son ensemble, et non régionalement. « D’ailleurs, plusieurs organisations régionales des producteurs acéricoles sont satisfaites […]. L’industrie forestière traverse une crise importante, et nous avons le rôle d’assurer l’équilibre entre les différents usagers de la forêt publique », explique le ministère des Forêts.