Avec la forte demande de sirop d’érable, chaque baril produit lors de la prochaine récolte sera bienvenu pour regarnir la réserve. Photo : Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantLa réserve stratégique de sirop d’érable n’est pas vide. Il y a près de 47 millions de livres entreposées, mais l’ensemble de tout ce sirop est maintenant vendu. En d’autres mots, les producteurs n’ont pratiquement plus de sirop d’érable à vendre, et au courant des prochains mois, les acheteurs autorisés viendront prendre possession des barils qu’ils ont achetés de la réserve pour les mettre dans leur propre entrepôt.
Cela ne crée pas pour autant un vent de panique chez les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), nuance Joël Vaudeville, directeur des communications. Ce dernier indique que les transformateurs connaissent une croissance significative de leurs exportations de sirop d’érable et qu’ils en achètent des producteurs pour répondre à cette demande. Il ajoute qu’en cette dernière année de la présente convention de mise en marché, certains acheteurs ont le réflexe d’acquérir davantage de sirop au prix de cette année, craignant que les producteurs demandent une hausse de prix pour leur sirop lors de la prochaine convention.
Au total, M. Vaudeville et les PPAQ estiment que la totalité des stocks de l’ensemble de la filière acéricole, incluant les barils entreposés par les PPAQ et les transformateurs, se chiffreront à près de 75 millions de livres dans quelques mois. « Il ne manquera pas de sirop, mais on ne peut pas se permettre une mauvaise année », résume M. Vaudeville, qui rappelle que les émissions de sept millions d’entailles en 2021, en 2023 et en 2025 visent à accroître la production et que, seulement cette année, la mise en production de quelques millions d’entailles devrait bonifier la production de 10 millions de livres si les projections s’avèrent exactes.
Rappelons qu’il y a un an, la réserve était de 50 millions de livres et qu’une réserve minimale de 100 millions de livres serait souhaitée.
Augmentation des ventes de 16 % en 2025
Les ventes de sirop sont excellentes à l’échelle internationale, avec une hausse de 16 % des volumes exportés en 2025 comparativement à 2024. En 2024, les exportations avaient crû de 9 % comparativement à 2023. Les monnaies américaines et européennes qui se sont appréciées face au dollar canadien permettent aux clients internationaux d’acheter le sirop d’érable à un meilleur prix. Cela explique une partie de la hausse de la demande, mentionne Guy Voyer, directeur général du Conseil de l’industrie de l’érable. Il souligne toutefois que les hausses d’exportation ne sont pas uniquement une question de taux de change, mais bien de plusieurs années d’efforts associés au développement de nouveaux produits et de nouveaux marchés. Plusieurs de ses membres participent à des foires commerciales à l’international, signale-t-il.
Les États-Unis représentent environ 60 % à 70 % des ventes, tandis que l’Europe se situe entre 15 % et 25 %, selon les années et les trimestres, fait valoir M. Voyer.