Olivier Huppé a été reconnu coupable d’avoir causé des méfaits sur une érablière au printemps 2024. Il est condamné à une détention à domicile de 19 mois. Photos: Maxime Huppé
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S'abonner maintenantEn avril 2024, une érablière de Saint-Pierre-de-Broughton, dans Chaudière-Appalaches, a été vandalisée par un individu qui a utilisé du carburant diesel pour contaminer deux secteurs du réseau de tubulure, entraînant ainsi la perte de 378 000 litres d’eau d’érable en plus de rendre hors d’usage différents équipements de la cabane à sucre. Le coupable a été condamné à 19 mois de détention, le 22 juillet.
En vertu de l’article 430 du Code criminel, Olivier Huppé, de Saint-Pierre-de-Broughton, est reconnu coupable d’avoir commis un acte de méfait volontaire, comme la destruction ou la détérioration d’un bien. Il purgera sa peine à domicile, d’où il ne pourra sortir lors des 10 premiers mois, sauf pour travailler à la ferme laitière et d’autres exceptions. Il devra entre autres s’abstenir de consommer de l’alcool et d’autres matières intoxicantes, puis ne pourra converser plus de 15 minutes au téléphone. Pour une période de trois ans, il devra maintenir une bonne conduite.

« Je trouve que c’est une sentence bonbon pour le crime qu’il a commis », réagit l’acériculteur Maxime Huppé, qui a été victime des actes de son cousin. « Ce n’est pas comme si c’était quelqu’un qui avait coupé des tubes ou brisé des maîtres-lignes! S’attaquer à une entreprise en mettant du diesel, c’est tellement gros comme acte. J’ai eu pour 200 000 $ de bris qui n’ont pas tous été couverts par les assurances. J’ai perdu 378 000 litres d’eau d’érable. Ç’a pris presque un an pour que je me fasse payer par les assurances. Il a fallu que j’emprunte de l’argent pour me repartir. Cette année, j’ai perdu mon acheteur, qui avait peur que je me fasse contaminer à nouveau. Pour moi, c’est impardonnable, ce qu’il a fait », énumère-t-il.
Long processus
Maxime Huppé a notamment dû consulter un avocat pour négocier un dédommagement avec le responsable des méfaits pour la portion des pertes non couverte par les assurances. « J’ai tellement brûlé d’énergie à repartir ma business et courir le palais de justice que je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi », décrit-il.
Il aurait souhaité obtenir le soutien des Producteurs et productrices acéricoles du Québec pour sévir face au malfaiteur.
Sa famille a une érablière. Il travaille avec eux. Il aurait fallu que [les PPAQ] s’en mêlent, qu’ils lui enlèvent leur droit de produire. Entre producteurs, il ne faut pas que ça reste un acte impuni ni un modèle que quelqu’un peut [faire du grabuge] et écraser à terre un autre producteur pour essayer ensuite de l’acheter.
Du côté des PPAQ, le directeur des communications, Joël Vaudeville, condamne ce geste criminel, mais souligne qu’il n’est pas prévu dans la réglementation de l’organisation de retirer du contingent à des producteurs en raison d’un conflit privé. La règlementation pourrait toutefois être modifiée pour pouvoir le faire si la majorité des producteurs le désire.
Maxime Huppé souligne le professionnalisme de son courtier et de sa compagnie d’assurance pour qui la contamination d’une érablière était une première. « Une cabane qui passe au feu, ils sont habitués, mais une contamination, non. On fait quoi avec l’eau contaminée? Est-ce que les équipements se lavent ou on doit les changer? Finalement, tout ce qui était en acier inoxydable a pu être nettoyé, mais il a fallu changer les équipements qui contenaient du plastique, comme les tubes, les relâcheurs, etc. »
Au-delà des coûts, l’acériculteur reste aux prises avec le stress de revivre un autre méfait. Il a installé des caméras de surveillance. « Je vais rester méfiant, mais je n’ai pas peur », précise-t-il.