Michel Couture pose devant la nouvelle ligne de transport d’électricité qui orne ses terres, avec des compensations de la part d’Hydro-Québec, qu’il qualifie de « ridicules ». Photo : Gracieuseté de Michel Couture
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S'abonner maintenantLe producteur laitier et acéricole Michel Couture, de Thetford Mines, dans Chaudière-Appalaches, a observé les équipes mandatées par Hydro-Québec pour créer un chemin dans ses champs afin de construire la nouvelle ligne de transport nommée Interconnexion des Appalaches-Maine. Il a refusé à maintes reprises de signer l’entente de compensation avec la société d’État, qu’il juge insuffisante.
« En 2020, ils nous offraient 170 $ par patte, pour des pylônes de 4 pattes. Ça fait 680 $ par pylône. Vu qu’on a chialé, en 2023, ils nous ont offert 175 $ par patte, un gros 5 $ de plus… Ce sont des compensations ridicules, quand on sait combien le prix des terres a monté et quand on regarde les compensations que d’autres reçoivent pour des éoliennes », fait-il valoir.
L’agriculteur n’aura toutefois pas le choix de s’y plier; Hydro-Québec jouit d’un pouvoir d’expropriation.
Je n’en voulais pas, de leurs compensations. J’aurais aimé mieux leur faire un chèque de 700 $ par pylône et qu’Hydro déménage ses pénates de sur mes terres.
Il s’en prend aussi à l’entente signée par l’Union des producteurs agricoles (UPA). « On a les mains liées, car Hydro t’arrive avec un beau livre intitulé Entente Hydro-Québec–UPA sur le passage des lignes de transport en milieu agricole et forestier. Hydro te dit : ‘‘Tu es membre de l’UPA. Tu devrais accepter ce qu’on t’offre. C’est dans l’entente.’’ Mais leurs montants sont ridicules », martèle-t-il.
L’UPA négocie
Le directeur général de l’UPA, Charles-Félix Ross, précise que cette entente inclut différentes compensations, notamment sur les pertes de cultures lors de la construction de la ligne et sur la servitude elle-même associée à la perte de superficie cultivable. Le point central de l’entente consiste à compenser les producteurs pour un montant équivalent à 235 % de la valeur marchande de leur terre, selon une valeur minimale de 14 500 $/ha en milieu agricole et de 5 000 $/ha en milieu forestier. « C’est une bonne entente et, de la façon qu’elle est faite, elle assure une meilleure équité interrégionale entre les producteurs. Mais c’est au producteur de s’assurer que la valeur attribuée [par Hydro-Québec] à leur terre correspond à la bonne valeur marchande. L’entente-cadre ne peut pas statuer là-dessus pour chaque terre [du Québec], si elle est drainée ou pas, etc. », explique l’économiste de formation.
M. Ross spécifie que l’entente avec Hydro-Québec est présentement en négociation en vue de la mettre à niveau. L’UPA entend conserver le concept du 235 %, affirme-t-il. Son organisation entend toutefois ajouter des demandes, comme des redevances annuelles pour les producteurs.
L’autre point sur lequel l’UPA négocie est la perte de zones agricoles et forestières. « Avec le plan d’Hydro-Québec de doubler la taille du réseau électrique du Québec d’ici 2050, on est inquiets et on est aux aguets. On veut protéger le territoire, oui, mais aussi protéger les activités et les entreprises agricoles, car on le voit; Hydro, ils sont un peu en mode bulldozers. Et c’est toujours moins de trouble pour eux de passer en zone agricole. Plus nous demanderons un prix élevé [pour passer sur les terres et les érablières], moins ils voudront y aller. »