La quantité de chaux épandue dans l’érablière doit être prédéterminée par un ingénieur forestier. Photos : Gracieuseté Chaulage Komatec
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S'abonner maintenantNombreuses sont les études qui ont démontré au cours des dernières années l’efficacité du chaulage pour corriger des problèmes de vigueur de l’érable à sucre dans des érablières dont le sol est acide et peu fertile.
Mais avant de recourir à un ingénieur forestier pour analyser l’acidité du sol de l’érablière, comment détecter un problème potentiel? « Si tu vois que tes petits arbustes d’un pied de haut mesurent à peine deux pieds cinq ans plus tard, c’est que tu as probablement un sol acide », explique Réginald Desharnais, de Chaulage Komatec à Chesterville, dans le Centre-du-Québec.
Un ingénieur forestier quadrille généralement l’érablière en parcelles pour en faire une évaluation en observant la cime des arbres (perte de feuillage), les troncs (maladies), la densité et la santé du peuplement, la régénération et surtout, l’état du sol en analysant son drainage, son pH et la présence de carences en éléments nutritifs.
C’est une fois le rapport de l’ingénieur forestier rédigé que le travail de Réginald Desharnais débute. « Il peut y avoir des parcelles où tu dois étendre 4 tonnes de chaux tandis qu’à côté, ça va être 2 tonnes », indique le propriétaire de Chaulage Komatec qui opère avec un vieux F4 Dion à chenilles modifié, tractant une ancienne cuve à sel équipée d’un système de soufflerie pouvant projeter sa poudre blanche jusque dans un rayon de 75 pieds.
La saison de travail de Réginald Desharnais débute toujours après celle de la fin des sucres. « J’étends du mois de mai jusqu’en novembre », indique celui qui utilise environ 3000 tonnes de chaux par année et dont le tarif peut varier de 2 $ à 3 $ l’entaille selon la complexité du travail à effectuer.
« On voit les résultats quand même rapidement. Trois ans après le chaulage, tu vas constater un changement sur le feuillage des arbres. Cinq ou six ans plus tard, les petits érables grandissent plus vite. Et après 15 ans, les études indiquent une augmentation d’eau de la sève et un petit pourcentage de sucre de plus. »
Des effets à long terme
Justement, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs avait publié une étude en 2021 sur une érablière dans la région de Québec où de la chaux avait été appliquée en 1994. Réalisé par les ingénieurs Rock Ouimet, Marie-Eve Roy et Jean-David Moore, le rapport concluait que le chaulage avait des « résultats positifs qui se maintiennent dans le temps. »
« Les résultats indiquent qu’une dose de chaux d’environ 5 t/ha, qui est réaliste tant sur le plan économique qu’opérationnel, peut avoir un effet bénéfique à long terme sur la nutrition, la vigueur et la croissance des érablières sur des sols acides et pauvres en bases », notaient les auteurs.
En moyenne, les concentrations foliaires en calcium et en magnésium avaient augmenté de 35 % et 46 % chez les arbres ayant reçu les doses de 2 et 5 t/ha, et jusqu’à 70 % et 95 % chez ceux qui en avaient reçu 50 t/ha.
Certains érables n’avaient pas été traités afin de servir de témoins dans cette étude. Près de 20 ans plus tard, les chercheurs avaient constaté que près de la moitié d’entre eux étaient morts (6 sur 14) contre 6 % (5 sur 84) pour ceux qui avaient bénéficié d’un traitement de chaux.
Selon l’expérience de Réginald Desharnais, plusieurs acériculteurs profitent du remplacement de leur tubulure pour faire analyser le sol de leur érablière et éventuellement, procéder à un épandage de chaux. « Généralement, tu fais ça tous les vingt ans », indique le propriétaire de Chaulage Komatec qui utilise presque exclusivement de la chaux calcaire dans ses opérations. À la différence de la chaux calcaire, plus riche en calcium, la chaux dolomitique, également utilisée dans les érablières, combine du carbonate de calcium et du carbonate
de magnésium.