Une transition survenue plus tôt que prévu

FARNHAM — Au tournant de la décennie, un malheur frappe la famille Samson. La santé de la mère se détériore, au point où elle n’est plus en mesure de poursuivre ses activités à la ferme. Réal, son mari, doit tout faire seul, et le fardeau devient trop lourd à porter. Gabriel, le troisième des quatre enfants de la famille, commence alors à s’impliquer davantage, ce qui marque le début d’une transition intergénérationnelle couronnée de succès.

En quelques années, Gabriel est devenu le principal dirigeant de la ferme maraîchère. « Je travaille ici depuis que je suis tout petit, explique-t-il. C’est ce que j’ai toujours voulu faire. » Dès la fin de son secondaire, il a commencé à prêter main-forte à son père sur les terres familiales.

Gabriel, devant le nouvel entrepôt, en compagnie de ses enfants Mélodie et Julien. Crédit photo: Gracieuseté de la famille Samson
Gabriel, devant le nouvel entrepôt, en compagnie de ses enfants Mélodie et Julien. Crédit photo: Gracieuseté de la famille Samson

Pendant quelques années, trois générations y ont cohabité. Lorsqu’il a repris les parts de sa mère en 2010, Gabriel – accompagné de sa conjointe – est demeuré un moment avec ses grands-parents dans la première maison érigée sur les terres dans les années 1950. Comme il devait prendre de plus en plus de responsabilités à la ferme, c’était logique qu’il y demeure. Réal occupe quant à lui la deuxième -résidence qui s’y trouve.

La vraie transition entre le père et le fils s’est amorcée lorsque Marilie Martin, la conjointe de Gabriel, a commencé à s’impliquer au sein de l’entreprise. Designer d’intérieur, elle n’avait jamais vécu dans une ferme avant de rencontrer Gabriel. Mais pendant son premier congé de maternité, en 2013, elle découvre que son patron de l’époque n’a plus de travail pour elle. Elle encaisse le coup et prend en charge l’administration de l’entreprise familiale. « Je ne suis pas née fermière, indique-t-elle, alors c’est sûr que c’est de l’adaptation. Mais pouvoir travailler de chez soi, -lorsqu’on a deux jeunes enfants, c’est un avantage. » 

Le transfert de l’entreprise s’est fait petit à petit. « Ça nous a pris deux ans pour effectuer ce passage-là, explique Gabriel. Il faut dire qu’on ne l’avait pas planifié. On a fait cela de manière -graduelle, au fur et à mesure que les situations se présentaient. »

Aujourd’hui, Réal a définitivement lâché les rênes de la ferme. Il n’y a qu’à le voir jouer avec son petit-fils pour -comprendre que ce grand-père trouve désormais son bonheur ailleurs.

En mode expansion

Les Samson ont terminé la construction d’un entrepôt pour leur permettre de conserver leurs légumes bio plus longtemps et de les vendre au meilleur prix possible. Avec 65 hectares cultivables, mais seulement une trentaine utilisée chaque année, l’optimisation du revenu des récoltes prend tout son sens. La famille produit des patates, des courges, des oignons et des melons.  

Bio, pour l’indépendance

La Ferme Samson & Fils a obtenu sa certification biologique en 1993. Auparavant, il s’agissait d’une ferme laitière. « En 1986, j’ai eu des problèmes électriques qui rendaient la gestion du troupeau plus difficile, se souvient Réal Samson, et en 1989, je l’ai cédé avec le quota pour commencer la transition [vers le bio]. »

Pourquoi avoir préféré la culture biologique? D’abord grâce aux conseils de l’entourage. « Je connaissais plusieurs personnes qui œuvraient dans le biologique, dont Denis La France et Jean Roussel, explique Réal. Mais aussi parce qu’en conventionnel, tout dépend des vendeurs. Je voulais avoir une plus grande indépendance [envers mes fournisseurs d’intrants]. »

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