Deux générations s’impliquent à la Ferme Royolait, soit Yves et Jacques (derrière) ainsi qu’Alexandre, Maxime (au centre) et sa conjointe, Jessica. Qui sait, peut-être que le jeune fils de ces derniers, Émile (devant), suivra leurs traces. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantANGE-GARDIEN – La crise du verglas de 1998, qui a lourdement endommagé son érablière, a été un moment déterminant pour la famille Roy. C’est à ce moment que les frères Yves et Jacques ont décidé de concentrer leurs énergies sur la production laitière. N’eût été cet événement malheureux, la Ferme Royolait n’aurait peut-être pas l’envergure qu’elle a aujourd’hui.
La lumineuse et spacieuse étable robotisée de la Ferme Royolait, où tout est configuré pour favoriser le confort des animaux et l’efficacité au travail, illustre parfaitement la volonté des propriétaires d’innover et de croître en production laitière. Cette vision de l’agriculture, les frères Yves et Jacques Roy l’ont en quelque sorte transmise à leur relève, les cousins Maxime et Alexandre, qui sont devenus coactionnaires de l’entreprise d’Ange-Gardien, en Montérégie, en 2018.

Chez les Roy, l’amour de l’élevage et de la génétique bovine est une affaire de famille transmise d’une génération à l’autre, si bien que ceux-ci sont devenus maîtres-éleveurs, en 2021.
Leur parcours, toutefois, aurait pu être bien différent, si Yves et Jacques n’avaient pas fait construire une étable en stabulation entravée pour loger leurs vaches en lactation, en 1998, avec l’objectif de faire croître la production laitière. La crise du verglas est à l’origine de cette décision. « On a perdu l’érablière; c’était abîmé à 94 % », se remémore Yves, précisant que l’exploitation de 7 000 entailles a été abandonnée par la suite. C’est à ce moment que les frères ont été convaincus qu’il fallait se consacrer à la production laitière. Déjà, après avoir intégré l’entreprise de leur père, Normand, ils avaient pris l’habitude d’acheter du quota sur une base régulière. La décision de bâtir une étable, en 1998, a été le « gros coup », qui a porté la production à un autre niveau, disent-ils.
« Quand on a intégré l’entreprise, en 1989, on avait 29 kilos de quota. Notre père n’en avait jamais acheté; c’était un anti-quota », se souvient Yves.
« Il aimait plus le bois que les animaux », ajoute Jacques, avec un sourire.
Pour nous, c’était clair qu’il fallait faire croître la production laitière. Si on n’avait pas acheté de quota, on serait disparus.
La croissance se poursuit
En 2006, la Ferme Royolait possédait 95 kilos de quota, avec 90 vaches en lactation et 182 hectares en culture.
De 2015 à aujourd’hui, elle est passée de 98 kilos à 197 kilos de quota, car la relève, Maxime et Alexandre, veut agrandir l’étable et transiter de la stabulation entravée vers la stabulation libre. Leur projet de 2,7 M$, qui implique d’importantes rénovations et l’ajout de trois robots de traite, a été finalisé dans les derniers mois. Depuis un an, le cheptel est passé d’une centaine de vaches en lactation à 130. Et les cousins ont l’intention de poursuivre la croissance.

« Au début, on voulait 200 kilos, mais maintenant qu’on l’a, on pourrait monter à 230 kilos », indique Maxime, le fils d’Yves. Son cousin Alexandre est le neveu de Jacques et Yves, et le fils de leur frère, Michel.
« Si ton désir, c’est que l’entreprise soit transférable, il faut croître et innover, poursuit Maxime. Si tu ne fais jamais de croissance, si tu n’innoves jamais, tu recules, parce que les autres continuent d’avancer, et toi, tu sors de la game », fait-il valoir.
Fondée en 1947 avec 5 000 $
Le père de Jacques et Yves, Normand Roy, a acquis en 1947, avec 5 000 $, ce qui deviendrait plus tard la Ferme Royolait. « Dans ce temps-là, ils avaient de la misère à faire leurs paiements, souligne Jacques. À cette époque, c’était de l’agriculture de subsistance. Mon père avait 15-20 vaches et des chevaux. » La ferme s’est ensuite diversifiée, avec la construction d’une porcherie et d’un poulailler, puis d’une étable. Normand a aussi acquis une terre à bois avec une érablière qu’il adorait. Le reste de l’histoire, on la connaît.
Équipement techno
Pour faciliter la gestion de troupeau et gagner en efficacité, la nouvelle étable est dotée d’un système de « trafic guidé », de sorte que les vaches, lorsqu’elles vont se faire traire, doivent suivre un tracé de l’entrée à la sortie. Le choix de configuration, avec trois robots alignés dans le même compartiment, a également été imaginé pour faire un gain en efficacité.
« Les vaches ont un collier. Juste avant d’arriver dans le parc des vaches à traire, il y a une barrière de détection. La barrière va ouvrir juste si la vache est due pour se faire traire », explique Alexandre Roy. « C’est plus efficace, parce que ça empêche les vaches qui ne sont pas prêtes pour la traite d’aller au robot juste pour manger de la moulée », ajoute-t-il.

Le bon coup de l’entreprise
Lorsqu’ils ont bâti l’étable en stabulation entravée, en 1998, Yves et Jacques Roy ont choisi une construction plus large que le standard de l’époque, pour faciliter de potentiels agrandissements.
Grâce à cette décision, la structure de la bâtisse, construite il y a 27 ans, a pu être récupérée entièrement pour le projet de rénovation et de robotisation qui s’est conclu récemment. Une rallonge a pu être ajoutée à la construction existante et un réaménagement a pu être fait, de sorte que les vaches en lait et taries y sont désormais logées en stabulation libre. « On a économisé sur les coûts comme ça, assure Maxime. Ce n’est pas si mal, 2,7 M$, justement parce qu’on a récupéré un bâtiment. » Yves précise que la largeur du bâtiment est de 64 pieds, alors que les étables de 45 pieds étaient plus courantes à l’époque.
« Si on avait choisi de faire un bâtiment à vaches plus étroit, on n’aurait pas pu agrandir aujourd’hui. On est bien contents d’avoir été bien conseillés, il y a 25 ans », dit-il.

| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Ferme Royolait |
| Spécialité : | Lait |
| Année de fondation : | 1947 |
| Noms des propriétaires : | Yves, Jacques, Alexandre et Maxime Roy |
| Nombre de générations : | 3 |
| Superficie en culture : | 190 hectares |
| Cheptel : | 130 vaches en lactation pour 197 kilos de quota |
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