Lentement mais sûrement, Johannie Maynard (au centre) se prépare à prendre la relève de ses parents, Gino Maynard et Josée Larose. Photos : Marie-France Létourneau
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantSaint-Paul-d’Abbotsford – Chez les Maynard du Roi de la fraise, à Saint-Paul-d’Abbotsford, en Montérégie, le petit fruit rouge a toujours occupé une place de choix. Mais ce n’est pas la seule culture à régner dans les champs. La diversité s’est imposée. Seule chose qui n’a pas changé : l’attrait de la famille de maraîchers pour l’autocueillette et la vente à la ferme.
La relève confirmée de l’entreprise familiale, Johannie Maynard, compte bien conserver cette proximité avec la clientèle aussi longtemps que possible. La jeune femme de 36 ans y trouve un sens à son travail.
« J’aime ça, voir les familles venir à la ferme pour y récolter leurs fruits et légumes, explique-t-elle, sous le regard entendu de ses parents, Josée Larose et Gino Maynard. C’est très gratifiant. »
Le défunt fondateur du Roi de la fraise, Gilbert Maynard, père de Gino, a été, selon son fils, l’un des précurseurs, à la fin des années 1970, pour l’autocueillette de fraises dans cette région située à cheval sur l’Estrie et la Montérégie.
« C’étaient de grosses années pour l’autocueillette. Les familles étaient nombreuses, raconte Gino Maynard. La moyenne de cueillette par auto était de 100 livres et plus de fraises. »
Native de Roxton Pond et encore jeune à l’époque, Josée Larose et sa famille y récoltaient pour leur part jusqu’à 300 livres. Josée était loin de se douter à ce moment qu’elle unirait sa destinée au « p’tit Maynard » qu’elle avait remarqué dans les champs.
Jusqu’aux États-Unis
L’aventure du Roi de la fraise a débuté en 1967 lorsque Gilbert Maynard, fils d’agriculteurs, a fait l’acquisition – au décès du propriétaire – d’une terre où il avait travaillé comme « homme à tout faire ». En plus d’une fraisière et d’un verger, la propriété avait une vocation laitière. L’étable nécessitant des investissements importants, Gilbert Maynard a toutefois décidé de vendre les animaux, d’augmenter la superficie de fraises en culture et de miser sur l’autocueillette.
La vocation maraîchère de la ferme s’est par la suite confirmée. Aux fraises et aux pommes produites se sont entre autres ajoutés du maïs sucré et des pommes de terre. Un kiosque de vente a été acquis au début des années 1980 sur la très achalandée route 112, aux abords du village de Saint-Paul-d’Abbotsford. Ce kiosque est aujourd’hui la propriété de Francine Lapalme, mère de Gino Maynard. Le Roi de la fraise gère également le sien, près de ses champs du Petit rang Saint-Charles.
Gino Maynard et Josée Larose ont pris la relève de l’entreprise en 1991. Et, sous leur impulsion, de nouveaux créneaux ont été développés, comme la production et la vente de citrouilles et de courges aux États-Unis. Les tiges de maïs et les mini balles de paille décoratives y ont aussi la cote.
« Entre 1995 et 2001, c’était de grosses années, explique M. Maynard. Je faisais cultiver des citrouilles par d’autres producteurs. On pouvait sortir jusqu’à 100 vans par saison. »
On travaille avec d’autres producteurs pour certaines cultures. Un producteur tout seul, ça ne marche pas. Il y a beaucoup d’entraide.
Malgré l’incertitude récente liée à la présence de Donald Trump à la tête du pays voisin, Gino Maynard continue à y brasser des affaires. Mais il a revu ses superficies à la baisse.

Les projets de Johannie
Au fil du temps, tout s’est multiplié au Roi de la fraise, dont les fruits et légumes cultivés (tomates, haricots, concombres, cerises de terre, framboises, bleuets, etc.). Parents de quatre filles, Gino et Josée ont également vu croître l’intérêt de Johannie à s’investir dans l’entreprise.
Cette dernière est à l’origine, il y a quatre ans, de l’ajout de deux serres pour la production de fraises printanières. Convoités en avril, les petits fruits visent à relancer l’habitude de la clientèle à s’approvisionner en denrées locales durant la belle saison. Johannie veut par ailleurs maximiser l’utilisation des serres. Des tests, concluants, ont été réalisés pour produire de la laitue et des radis, en plus des fraises. Des tulipes pourraient y être offertes.
La vente au détail continue à être préférée à la vente en gros, qui nécessite plus de terre et de main-d’œuvre, fait valoir Gino Maynard. Tout n’est cependant pas toujours rose. Les récoltes de fraises et de citrouilles ont été catastrophiques en 2023, se souvient le maraîcher. « Des fois, je suis un peu découragé, dit-il. Mais voir la motivation de Johannie et les sourires de ses enfants à la ferme m’incitent à continuer. »
La pandémie et les deux grossesses de Johannie ont retardé les démarches entourant le processus de transfert d’entreprise, mais elles sont toujours à l’ordre du jour. « Je ne veux pas arrêter, mais j’aimerais modérer un peu », dit Gino Maynard.
Équipement techno
Si Johannie Maynard peut dormir sur ses deux oreilles, sans craindre constamment qu’un pépin survienne aux serres de la ferme, c’est grâce au système de contrôle Maximus. Le logiciel, accessible sur son téléphone cellulaire, lui permet de contrôler, à distance, l’irrigation, la ventilation, la température, le taux d’humidité, etc. « C’est un très bon outil de travail, dit-elle. Je suis à la maison, dans les champs ou au kiosque et je sais ce qui se passe dans les serres. » L’installation récente d’une génératrice connectée au système de contrôle était également essentielle. « Si on manque d’électricité, ça prend 10 secondes et la génératrice embarque, explique-t-elle. Avant, on fonctionnait avec une génératrice qu’on branche sur un tracteur. Ça pouvait prendre de longues minutes avant de la mettre en marche. Le niveau de stress était assez intense. »
Le bon coup de l’entreprise
La priorité accordée à l’autocueillette et à l’agrotourisme est sûrement une des belles réussites de la ferme maraîchère, estime Gino Maynard. Un kiosque, ouvert sept jours sur sept, de juin à octobre, a été aménagé près des champs, sur le Petit rang Saint-Charles. Un petit espace muséal sur l’histoire de la pomme y a été ajouté. Des visites scolaires et de garderie y sont organisées à l’automne. En plus de contribuer à la production agricole avec ses parents, Johannie Maynard veille à animer les réseaux sociaux et à renouveler l’expérience des visiteurs à la ferme. « Écouter les nouvelles idées de Johannie est un autre bon coup », ajoute son père avec un large sourire.
| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Le Roi de la fraise |
| Spécialité de la ferme : | Production maraîchère |
| Année de fondation : | 1967 |
| Noms des propriétaires : | Josée Larose et Gino Maynard |
| Nombre de générations : | 3 |
| Superficie en culture : | 81 hectares |
Avez-vous une famille à suggérer?
[email protected] | 1 877 679-7809
Ce portrait de famille est présenté par
