Trois générations de Trépanier sont impliquées au quotidien dans la Ferme Miclem, à Saint-Anicet, en Montérégie. Photos : Marie-France Létourneau
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Se connecterSi ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous pour moins de 1 $ par semaine.
S'abonner maintenantSAINT-ANICET – Peu importe les saisons, les mardis et les vendredis se suivent et se ressemblent à la Ferme Miclem, à Saint-Anicet, en Montérégie. À ces occasions, les deux bâtiments, destinés à la production bovine, sont récurés de fond en comble pour assurer le bien-être des animaux. Une habitude peu commune, qui, comme la ferme, s’est transmise de père en fils.
« Mon père a toujours fait ça », affirme Simon Trépanier, qui a pris le relais de son père, Clément, à la ferme située sur le chemin de la Rivière-La Guerre, propriété de la famille Trépanier depuis plus de 100 ans.
« Les animaux sont moins malades, explique Stéphanie Chenaille, conjointe de Simon. Ils sont plus propres et plus confortables. On vide les granges au complet deux fois par semaine, on les nettoie et on remet de la litière. »
Cela n’est qu’une des mesures prises par la famille Chenaille Trépanier pour veiller aux soins de ses quelque 700 bovins. Elle applique la même rigueur au quotidien, notamment pour l’alimentation des bêtes. Et cela porte ses fruits.
C’était clair que j’allais prendre la relève de la ferme. J’ai toujours aimé ça.
« Plus la bête se porte bien, mieux elle performe, fait valoir Simon Trépanier, qui travaille avec son frère Laurent. Et, dans le bœuf, la performance, c’est-à-dire le nombre de livres de gain par jour, est importante. Y faire attention (aux animaux), c’est la clé. »
Selon le producteur bovin, la plupart des projets de la ferme, à court et moyen terme, visent d’ailleurs à améliorer les opérations pour augmenter la performance animale, tout en optimisant les coûts.

Une affaire de famille
Le plus difficile, c’est néanmoins d’assurer une présence constante au quotidien, estime Simon Trépanier. « Il y a toujours quelque chose à faire ou à voir, lance-t-il. Le plus dur, c’est de toujours être là. »
En plus de leur troupeau de bovins de boucherie, les Trépanier cultivent du maïs, du soya et du blé sur quelque 368 hectares, dont 154 sur des terres louées.
Bref, ce n’est pas le travail qui manque, mais les deux frères Trépanier peuvent compter sur leur père, Clément, qui continue d’être présent quand la charge de travail l’impose.
L’automatisation complète du plan de séchage l’an dernier a par ailleurs amélioré la qualité de vie de ce dernier. Il arrivait encore au patriarche de passer la nuit près des séchoirs pour veiller aux opérations, raconte Simon Trépanier.
La relève semble également se préparer. L’une des jumelles de Simon et Stéphanie, Laurie, 17 ans, démontre de l’intérêt à suivre les traces de ses parents. Elle entreprendra, à la fin de l’été, des études à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec.
Plus jeunes pour la plupart, les autres enfants de Simon et Laurent sont aussi toujours prêts à donner un coup de main. Il suffit de voir Jacob, 7 ans, manier la pelle dans l’étable pour s’en convaincre.
Du lait vers le bœuf
Pour la petite histoire, la famille Trépanier n’a pas toujours misé sur la production bovine. Charles, l’arrière-grand-père de Simon, s’est d’abord lancé dans la production laitière en 1920. Le fils de Charles, Yves, a ensuite suivi ses traces jusqu’à ce qu’il décide à son tour avec ses trois fils, Marius, René et Clément, de bifurquer vers le bœuf en 1977.
« J’aimais bien la production laitière, mais les autres aimaient moins ça. La majorité l’a emportée. La tendance allait aussi vers le bouvillon de boucherie et on faisait déjà des grandes cultures », explique Clément Trépanier, père de Simon et Laurent, ainsi que de deux autres enfants qui travaillent dans un autre secteur.

Yves a vendu, en 1988, une partie de la vaste terre familiale à Marius et l’autre, à Clément, qui a poursuivi la production bovine avec sa conjointe, Michèle Plouffe. Simon est pour sa part devenu actionnaire de la ferme en 2011 et il en est l’unique propriétaire depuis 2017.
Une bonne partie de la production de la Ferme Miclem trouve preneur auprès des Viandes White Veal, à Valleyfield.
Les choses ont changé. C’était plus cyclique, avant. On pouvait mieux planifier les achats et les ventes. J’essaie donc de vendre de plus petits lots plus souvent pour aller chercher les meilleures moyennes.
Depuis la pandémie, la vente à la ferme est également expérimentée avec le comptoir « Bœuf Passion ». Le congélateur installé au départ dans un garage n’a pas été suffisant pour répondre à la demande. Les installations ont dû être agrandies. Car en plus de la clientèle locale, les vacanciers estivaux de Saint-Anicet, située en bordure du lac Saint-François, y ont leurs habitudes. Visiblement, la passion des Chenaille Trépanier est contagieuse.
Équipement utile
L’utilisation du logiciel de gestion à la ferme Bovitrace n’est pas nouvelle pour la famille Trépanier. Cela fait plus d’une dizaine d’années que toutes les données (tenue des registres, gain de poids quotidien, performance des animaux, etc.) de chacune des bêtes qui transitent par la ferme y sont consignées. Et Simon Trépanier ne s’en passerait plus. Le logiciel permet de simplifier les différentes informations et opérations, dont l’émission des formulaires de transport, ainsi que le transfert des identifiants. « Pour la performance animale, c’est super intéressant, explique-t-il. Ça permet parfois de faire des corrélations. » Selon lui, avoir un outil de gestion de troupeau, que ce soit Bovitrace ou un autre, est désormais incontournable.
Le bon coup de l’entreprise
La démolition en deux phases, au cours des deux dernières décennies, des anciennes installations de production laitière pour permettre la construction d’un nouveau bâtiment, plus moderne et adapté à la production bovine, n’était pas un luxe, selon Simon Trépanier. « Ça simplifie tous les travaux, dit-il. Avant, il y avait des convoyeurs et d’autres systèmes qu’on n’utilisait pas. » Cela a également permis l’installation d’un carrousel, qui favorise la sécurité lors de la manipulation des animaux. À sa fondation il y a plus d’un siècle, la ferme était vouée à la production laitière.

| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Ferme Miclem |
| Spécialités de la ferme : | Production bovine et grandes cultures |
| Année de fondation : | 1988 |
| Nom du propriétaire : | Simon Trépanier |
| Nombre de générations : | 4 |
| Superficie en culture : | 368 hectares |
| Cheptel : | Entre 600 et 700 bœufs |
Avez-vous une famille à suggérer?
[email protected] | 1 877 679-7809
Ce portrait de famille est présenté par
