Anthony Lando, Rachel Déry, Mauro Lando et Giuliano Lando cultivent différents légumes-feuilles typiques de l’Italie dans le sud de la Montérégie. Photo : gracieuseté de la Ferme Lando
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S'abonner maintenantCertains champs de Sherrington et de Sainte-Clotilde, au sud de la Montérégie, ont des airs d’Italie. La famille Lando y cultive, depuis trois générations, différents légumes-feuilles typiques du pays d’origine du fondateur de la ferme, Giuseppe Lando.
Le radicchio, le chou kale, la chicorée et la dent-de-lion côtoient notamment les épinards et les carottes sur les 65 hectares cultivés par les Lando dans les deux municipalités.
Selon Mauro Lando, qui a pris la relève de son défunt père, l’entreprise agricole qu’il exploite aujourd’hui avec sa conjointe, Rachel Déry, ainsi que ses deux fils, Anthony, 27 ans, et Giuliano, 23 ans, est l’une des seules au Québec à cultiver le radicchio à grande échelle, sur environ 15 hectares.
Les récoltes des maraîchers trouvent preneurs auprès des grossistes et sur les marchés d’exportation. « On a toujours exporté vers les États-Unis, mais ça a diminué beaucoup depuis l’imposition des tarifs, relève M. Lando. Ç’a bien tombé, on a un nouveau client en Ontario depuis deux ans avec qui ça va très bien. »
La réputation des producteurs n’est plus à faire. À une époque, les « radicchios Lando » étaient réclamés jusqu’en Floride « en plein été ». Le secret du succès des maraîchers? Les premières transplantations du légume sont réalisées en terre noire, ce qui contribue à le rendre plus tendre et moins amer, tandis que celles en fin de saison sont mises en terre minérale, explique, en substance, Mauro Lando.
Les épinards sont une autre spécialité de la ferme et occupent désormais plus du tiers de la superficie cultivée, précise pour sa part Anthony.

Pas dans les plans
Le destin des Lando en production maraîchère n’était pas écrit dans le ciel. Quand l’aïeul de la famille, Giuseppe, a quitté l’Italie pour s’installer au Québec, travailler dans une ferme ne faisait pas partie de ses plans.
Comme la vie réserve des surprises, Giuseppe a travaillé dans le secteur de la construction à Montréal, mais également dans une petite ferme qui se trouvait près de l’ancien pont Champlain. Quand l’occasion d’acheter une terre au sud de la Montérégie s’est présentée, il l’a saisie.
Il l’a d’abord exploitée avec l’aide de membres de sa belle-famille, tout en continuant à travailler sur les chantiers de construction. Mais comme son travail lui laissait peu de temps pour voir ses six enfants, Giuseppe a décidé, avec sa conjointe, Savina Cusinato, de s’établir « en campagne » et de miser sur la production agricole.
Mauro, qui veille désormais à faire croître l’entreprise familiale, affirme que les défis ne manquent pas. À commencer par la main-d’œuvre. « La plupart de nos récoltes se font manuellement », relève le maraîcher, qui emploie 26 travailleurs étrangers temporaires, un nombre stable depuis quelques années.
Les changements climatiques compliquent également la donne.
Plusieurs de nos cultures ne sont pas appropriées aux conditions actuelles. Ce sont des cultures plus sensibles, qui aiment la fraîcheur, mais on réussit quand même à bien les implanter ici.
Agrandir la superficie cultivable
Engagés dans le processus de transfert d’entreprise, Anthony et son frère Giuliano ne semblent d’ailleurs pas rebutés par l’ampleur de la tâche qui les attend au cours des prochaines années. Déjà, à l’âge de cinq ans, ils emballaient des légumes. Si le premier a fait un bref détour par le domaine de l’architecture avant de conclure que ça ne lui « parlait pas vraiment », le deuxième a toujours su que sa place était à la ferme.
Bien que le prix des terres soit élevé dans leur région, comme ailleurs dans la province, les frères Lando visent à agrandir la superficie cultivable dans un horizon de 5 à
10 ans, avance Giuliano.
Le tandem effectue également une veille active sur les nouvelles technologies et équipements qui pourraient être appropriés pour l’entreprise et ses cultures.
La famille Lando n’a jamais été très présente dans les médias et sur les réseaux sociaux. Mais les choses sont appelées à changer, avance Anthony Lando. Il souhaite partager davantage les pratiques agricoles durables mises de l’avant dans les champs de la ferme, mais aussi répondre aux attentes des consommateurs qui veulent connaître la provenance de leurs aliments.
Le modèle de récolteuse développé pour les Lando permet de récolter les plants d’épinards au complet, pour la vente en bottes. Photo : Tirée du site Internet de VegTech
Équipement fait sur mesure
Pour diminuer les coûts de production et optimiser la récolte d’épinards, les Lando ont fait fabriquer une récolteuse sur mesure pour ce légume, il y a quelques années. L’équipement a été conçu par VegTech, une entreprise spécialisée dans la fabrication d’équipements maraîchers de leur localité, selon les spécifications établies par le benjamin de la famille, Giuliano. « On a même pu aller chercher de l’aide gouvernementale parce qu’il n’y a pas de récolteuses à épinards de ce type au Québec », précise Mauro Lando. Les modèles plus courants permettent de récolter les épinards en feuilles, tandis que celui développé pour les Lando facilite la récolte du plant au complet, pour la vente en bottes. L’équipement continue à être peaufiné, entre autres pour améliorer la vitesse de récolte.

Le bon coup de l’entreprise
L’adoption de pratiques agricoles durables ne date pas d’hier chez les Lando. Déjà, il y a un demi-siècle, le père de Mauro et fondateur de la ferme, Giuseppe Lando, misait sur l’aménagement de haies brise-vent autour de ses champs. Sous l’impulsion de la deuxième et de la troisième génération, de nouvelles pratiques ont été adoptées. L’ajout de bandes fleuries dans les champs, entre autres pour attirer les pollinisateurs, est l’une des plus récentes. « Ça reste à évaluer pour la suite, mais on a diminué de 100 % nos applications d’insecticides l’an passé, explique Anthony Lando. Ç’a aussi attiré les prédateurs naturels, qui ont mangé les insectes nuisibles pour les cultures. C’est sûrement notre meilleur coup des dernières années. » Ce projet a été initié dans le cadre d’une cohorte du club-conseil local à laquelle Anthony participe.
| Fiche technique | |
|---|---|
| Nom de la ferme : | Ferme Lando |
| Spécialité: | Production maraîchère |
| Année de fondation : | 1963 |
| Noms des propriétaires : | Mauro, Anthony et Giuliano Lando |
| Nombre de générations: | 3 |
| Superficie en culture : | 65 hectares |
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