Madeleine Dubé et Jean-Paul Gagnon partagent un amour pour les plantes et les arbres fruitiers. Photos : Maurice Gagnon
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S'abonner maintenantÀ Saint-Éloi, Jean-Paul Gagnon cultive bien plus que des souvenirs. À 85 ans, cet ancien agriculteur à l’esprit curieux et à l’âme inventive continue de surprendre. Ce qui l’anime aujourd’hui, c’est une invention toute simple, un ébrancheur horticole, qu’il souhaite léguer à la collectivité.
C’est dans un petit atelier, muni d’une soudeuse et de quelques outils de base, que M. Gagnon a conçu cet outil. Pensé pour l’entretien des framboisiers, bleuetiers et groseilliers, il permet de travailler debout et se désinfecte facilement. « Ce n’est pas compliqué, mais fallait y penser. Je l’ai peinturé en rose pour le retrouver facilement dans les feuilles », explique-t-il.
Cet inventeur ne cherche pas à en tirer profit. Au contraire.
Moi, je veux le donner à la société. Pas question de le breveter; j’ai plus l’énergie pour ça. Mais si quelqu’un veut le fabriquer, il est le bienvenu.

Agriculteur diversifié
Fils unique, Jean-Paul Gagnon a repris, dès sa jeunesse, la terre familiale transmise sur quatre générations, où il habite toujours. Ses trois sœurs ont plutôt choisi d’œuvrer dans l’enseignement. Lui aurait aimé faire des études en recherche agricole, mais « à l’époque, c’était le père qui décidait pour nous autres », dit-il. Il s’est donc consacré à l’agriculture, avec une production diversifiée : vaches laitières, porcs, pommes de terre et abeilles. « J’aimais ça, même si on n’a pas toujours roulé sur l’or. Jusqu’en 1972, ça n’allait pas vite. »
M. Gagnon a déjà exploré l’univers des inventions bien avant l’ébrancheur, créant des objets pour ses besoins à la ferme. Il a même breveté une scie ronde pour l’élagage, une invention prometteuse, mais jugée trop lourde à l’époque.

La terre, il l’a cultivée jusqu’à l’âge de 65 ans, avant de la louer. Mais il n’a jamais vraiment pris sa retraite. « Je me suis mis à m’intéresser à la bourse. Je n’ai pas de pension, mais j’ai réussi à me faire un coussin en investissant, surtout pour mes enfants. »
Quand les animaux sont partis, c’est une passion bien différente qui a pris le relais, celle des voyages. Avec son épouse, Madeleine Dubé, celui qui rêvait à une époque de faire le tour du monde a visité l’Afrique, l’Asie, l’Europe, la Russie, etc. « À cette époque-là, on pouvait aller jaser avec le pilote dans l’avion », se rappelle-t-il avec un sourire empli de nostalgie. Ces voyages, il les raconte avec émerveillement et lucidité.
Aujourd’hui, le couple vit des jours heureux. En pleine nature. Entouré d’arbres fruitiers et d’un généreux potager. Dans la petite cabane qui lui sert encore d’atelier, M. Gagnon continue de souder, d’assembler et d’affiner, toujours avec la même passion et la même ingéniosité.
Un outil qui change la donne
Imaginé par Jean-Paul Gagnon, l’ébrancheur horticole est un outil de taille conçu pour le travail debout. Léger (environ ½ livre), simple à désinfecter, il facilite l’entretien automnal des plants de petits fruits comme les bleuets, les framboises et les groseilles. Il est fabriqué avec des matériaux récupérés. Une tige de métal est soudée à une vieille lame de couteau, bien affûtée, inclinée à environ 10 à 15 degrés et on y ajoute une poignée. Il remplace avantageusement, selon son inventeur, le sécateur traditionnel. « Avec ça, plus besoin d’être à genoux dans les plants. On gagne du temps et on sauve son dos », affirme son inventeur, qui souhaite désormais le voir se multiplier chez tous les producteurs bricoleurs et intéressés.