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Santiago Palacio a étudié l’impact des ombrières sur les vaches laitières au cours de sa maîtrise. Il est présentement étudiant au doctorat dans le laboratoire d’Elsa Vasseur à l’Université McGill. Crédit photo : Elsa Vasseur

Santiago Palacio a étudié l’impact des ombrières sur les vaches laitières au cours de sa maîtrise. Il est présentement étudiant au doctorat dans le laboratoire d’Elsa Vasseur à l’Université McGill. Crédit photo : Elsa Vasseur

Les vaches laitières s’adaptent bien aux canicules

À la vue d’un troupeau de vaches broutant sous un soleil de plomb et une chaleur accablante, nous avons été nombreux, cet été, à nous poser la même question : ces animaux souffrent-ils, eux aussi, de la chaleur estivale? 

Pour Elsa Vasseur, spécialiste du bien-être des vaches laitières, nul doute que les vaches s’en tirent à bon compte. Une conclusion à laquelle la chercheuse est arrivée après avoir testé, il y a quelques années, l’effet des ombrières mobiles sur la température corporelle, la production de lait et le comportement des vaches.

Comment les vaches utilisent les ombrières 

Pendant huit semaines, durant la période la plus chaude de la journée, entre 11 h 30 et 15 h 30, Mme Vasseur et ses collègues ont observé 24 vaches de race Holstein en lactation dans un pâturage. La moitié des bêtes avaient accès à de l’ombre et l’autre, non. « En guise de parasols, nous avions employé des ombrières mobiles, ce qui était vachement plus pratique que de s’en remettre aux arbres, raconte-t-elle. Nous avons alors remarqué que les vaches utilisaient les ombrières environ la moitié du temps au cours des heures de pics de chaleur. Mais surtout, nous n’avons pas trouvé de différence sur la production laitière ni sur la température corporelle entre les vaches ayant accès ou non à l’ombre, et ce, même durant la semaine la plus chaude de l’étude. »

Des championnes de la régulation thermique

Les vaches excellent à contrôler leur chaleur corporelle, explique Mme Vasseur. « En fait, tant que l’indice humidex moyen sur 24 heures est en dessous du seuil de confort des vaches (voir les chiffres ci-contre), les moments les plus frais de la journée (nuit, aube et crépuscule) permettent aux bêtes de dissiper le surplus de chaleur accumulé durant les heures les plus chaudes. Mais lorsque l’indice humidex moyen sur 24 heures dépasse leur seuil de confort, les vaches qui n’ont pas accès à l’ombre modifient leur comportement, en passant plus de temps debout (pour dissiper la chaleur) et à l’abreuvoir. Curieusement, les vaches ne semblent pas boire davantage, mais plutôt jouer dans l’eau, vraisemblablement pour se rafraîchir. »

Conseils aux éleveurs 

« Les résultats de cette recherche remettent sérieusement en cause la croyance voulant qu’on doive garder les vaches laitières à l’intérieur par temps chaud, soutient Mme Vasseur. D’autres recherches ont montré que la production laitière pouvait être affectée lorsque l’indice humidex est supérieur au seuil de confort des vaches. Durant ces journées exceptionnelles, il faudrait fournir de l’ombre aux animaux. Évidemment, les gestionnaires de troupeaux laitiers doivent s’en remettre à leur jugement. Ainsi, durant une canicule, ils devraient éviter de sortir les vaches dans une cour en béton noir, sans accès à de l’ombre ni à de la nourriture », illustre-t-elle.    

Les ombrières mobiles

Les ombrières employées dans cette recherche sont des structures métalliques supportant une toile qui filtre 80 % des rayons ultraviolets du soleil. Mesurant 3 m sur 6 m, elles créent de l’ombre pour un maximum de six vaches. Ces ombrières sont couramment installées dans les ranchs du Texas.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse

* Elsa Vasseur est professeure adjointe au département des sciences de l’Université McGill et titulaire de la chaire de recherche industrielle CRSNG-Novalait-PLC-Valacta sur la vie durable des bovins laitiers.