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Les œufs en fin d’incubation, soit au jour 18, sont transférés directement au poulailler afin de permettre au poussin d’éclore dans un environnement idéal. Photo : Gracieuseté de Julianne Guillemette, Sam Lépine et Mathieu Desjardins.

Les œufs en fin d’incubation, soit au jour 18, sont transférés directement au poulailler afin de permettre au poussin d’éclore dans un environnement idéal. Photo : Gracieuseté de Julianne Guillemette, Sam Lépine et Mathieu Desjardins.

Une naissance à la ferme pour un meilleur départ

C’est bien connu dans le milieu agricole, les producteurs québécois sont toujours en quête de nouvelles techniques de production qui pourraient leur permettre d’améliorer leur efficacité à la ferme. Peu pratiquée au Québec, la technique de réaliser l’éclosion des poulets de chair à même le poulailler suscite de plus en plus d’intérêt.

Cette nouvelle technique nous arrive d’Europe, où l’imposition de normes de bien-être animal plus contraignantes précède souvent de quelques années leur application chez nous. L’objectif de cette méthode d’éclosion est d’éliminer le stress que subit le poussin lors de son éclosion au couvoir, de réduire les manipulations, de minimiser le stress du transport vers le poulailler et de favoriser un accès plus rapide à l’eau et à la nourriture.

La méthode et ses avantages potentiels

Les œufs en fin d’incubation, soit au jour 18, sont transférés directement au poulailler afin de permettre au poussin d’éclore dans un environnement idéal. Cette technique permet non seulement de répondre aux préoccupations croissantes des consommateurs en matière de bien-être animal, mais aussi d’améliorer les performances zootechniques des poussins.

On sait en effet que la conversion alimentaire et le gain moyen quotidien d’un poulet de chair sont largement dépendants des conditions d’ambiance lors de son démarrage, par exemple la température de l’air et de la litière, l’accès à l’eau et à la moulée, le mode de présentation de celle-ci, etc. Les poussins éclos directement à la ferme pourraient avoir de meilleures performances puisqu’ils naissent avec un accès à l’eau et à la nourriture, alors qu’au couvoir les poussins doivent patienter plusieurs heures entre leur naissance et le moment où ils trouveront l’eau et la moulée au poulailler.

Une technique à l’étude

Comme l’éclosion au poulailler est une nouveauté au Québec, des questions se posent au sujet de cette technique :

  • À quelle température ambiante doit-on garder la salle d’élevage pour la période qui précède la sortie des poussins de leurs coquilles, puis lors des heures suivantes?
  • Doit-on ramasser les coquilles d’œufs cassées après l’éclosion, ou peut-on les laisser dans la litière?
  • Les performances d’élevage sont-elles réellement supérieures avec cette technique?
  • Le taux de mortalité sera-t-il le même?

Afin de répondre à ces questions, trois étudiants inscrits en 3e année du programme de Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep régional de Lanaudière à Joliette ont entrepris, à la ferme-école de l’établissement, un projet d’élevage de 600 poulets de chair, soit 200 poussins éclos dans la chambre d’élevage et 400 poussins provenant du couvoir pour le contrôle conventionnel. Dans le cadre de ce projet, les étudiants procèdent aux tâches quotidiennes pour mener à bien leur élevage, puis compileront leurs données et analyseront les différents résultats techniques. Leurs poulets seront prêts pour le marché dans quelques jours. Pour l’instant, les poulets éclos en poulailler ont belle mine et ont une bonne croissance. Les résultats finaux sont à venir! 

Sylvain Bélisle, Raphaël Pouliot
Enseignants en Gestion et technologies d’entreprise agricole au Cégep régional de Lanaudière à Joliette