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L’analyse alimentaire est un volet important pour la qualité des aliments. Photo : Gracieuseté du Cégep régional de Lanaudière à Joliette

L’analyse alimentaire est un volet important pour la qualité des aliments. Photo : Gracieuseté du Cégep régional de Lanaudière à Joliette

Nouvelles exigences de Santé Canada : êtes-vous prêts?

En décembre 2016, Santé Canada publiait une nouvelle réglementation concernant l’étiquetage des aliments. La période de transition de cinq ans accordée à l’industrie pour se conformer aux nouvelles exigences se terminait le 14 décembre 2021.

Toutefois, la COVID-19 apportant son lot de défis, l’Agence canadienne d’inspection des aliments exercera son pouvoir discrétionnaire seulement à partir du 15 décembre 2022. Si vous faites de la transformation alimentaire, ces changements auront-ils une incidence sur vos emballages?

Les modifications apportées à la réglementation touchent principalement le tableau de la valeur nutritive et la liste des ingrédients. Je vous résume ici les principaux changements.

La portion : plus uniforme

La portion indiquée permet aux consommateurs de comparer la valeur nutritive d’un produit par rapport à un autre et représente la quantité qui peut être consommée en une seule occasion.

Tous les renseignements présentés dans le tableau sont fondés sur une quantité de référence réglementaire. Désormais, la portion indiquée devra se rapprocher le plus possible de la quantité de référence. Il faut donc s’assurer que votre tableau est adapté.

Le pourcentage de valeur quotidienne : données actualisées

Pour le consommateur, le pourcentage de la valeur quotidienne (%VQ) indique si une portion contient peu ou beaucoup d’éléments nutritifs. De manière générale, une faible quantité équivaut à 5 % ou moins, alors qu’une grande quantité équivaut à 15 % ou plus.

Pour le transformateur, le %VQ doit être calculé en tenant compte de l’apport quotidien recommandé par Santé Canada. Ces valeurs ayant été actualisées, il faut vérifier si votre tableau doit être ajusté. Il y a aussi eu l’ajout d’un pourcentage de la valeur quotidienne pour les sucres totaux, tandis que celui des glucides n’est plus obligatoire.

Les nutriments à déclaration obligatoire : ajout et retrait

Avec la nouvelle réglementation, le potassium s’ajoute aux nutriments à déclaration obligatoire et les vitamines A et C en sont retirées. Le potassium a été ajouté parce qu’il permet de maintenir une saine tension artérielle et que les Canadiens en consomment peu.

De plus, les quantités en milligrammes (mg) de potassium, de calcium et de fer doivent être présentées dans le tableau.

La liste des ingrédients

La réglementation prévoit que tous les ingrédients à base de sucres devront être regroupés entre parenthèses après le terme « sucres », ce qui permettra aux consommateurs de repérer toutes les sources ajoutées à un aliment. Les colorants devront, quant à eux, être désignés en utilisant le nom usuel qui leur est propre. Ainsi, il sera plus facile d’identifier les sources d’allergènes potentielles.

Finalement, il est intéressant de savoir que la teneur de chacun des nutriments peut être déterminée par des analyses en laboratoire (dosage des protéines, de la matière grasse, du sodium, des sucres, des vitamines, etc.) ou à partir d’une base de données, en fonction de la quantité de chaque ingrédient utilisé dans la formulation du produit fini ciblé. Les différentes techniques d’analyse et l’élaboration du tableau de la valeur nutritive sont des exemples de compétences que les étudiants du programme de Technologie des procédés et de la qualité des aliments du Cégep à Joliette développent. 

Bien que le but soit d’aider les Canadiens à faire de meilleurs choix alimentaires, les nouvelles exigences concernant l’étiquetage des aliments peuvent occasionner des coûts importants pour les petites et moyennes entreprises alimentaires.

Nathalie Nadeau, M. Sc., microbiologiste et enseignante en Technologie des procédés et de la qualité des aliments au Cégep régional de Lanaudière à Joliette