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Houblon de cultivar Centennial à quelques jours de la récolte. Photo : Charles Fournier-Marcotte

Houblon de cultivar Centennial à quelques jours de la récolte. Photo : Charles Fournier-Marcotte

Les principaux enjeux agronomiques de la production du houblon au Québec

Qu’elles soient de style IPA, stout, sures ou pilsner, les bières de microbrasserie jouissent d’une popularité qui n’est plus à démontrer. L’élaboration d’une nouvelle recette passe inévitablement par le choix des différents houblons qui la composeront.

Ceux-ci, bien que présents en petite quantité dans un brassin, seront responsables non seulement de l’amertume, mais aussi de la signature aromatique particulière d’une bière. Un houblon de qualité est donc essentiel, et il vous faut connaître les principaux défis agronomiques reliés à sa production.

Cultivars et tendances

Au même titre que la vigne et le pommier nain, le houblon est une culture pérenne qui se cultive sur treillis, ce qui nécessite des investissements initiaux élevés. Le choix des cultivars à implanter est donc crucial afin d’assurer une performance agronomique intéressante pendant de nombreuses années. Puisque ceux ci possèdent tous une signature aromatique particulière, il faut également s’assurer de répondre aux besoins du marché, ce qui n’est pas une tâche simple dans un contexte où les tendances de consommation évoluent rapidement.

Défis de culture

Une fois la houblonnière sur pied, une démarche de lutte phytosanitaire intégrée est non seulement souhaitable, mais primordiale. En effet, peu de produits sont homologués pour le houblon au Canada, ce qui incite fortement les producteurs à mettre en œuvre des techniques préventives pour assurer une récolte de qualité durant l’année en cours, mais aussi pour le futur. Par exemple, la destruction des premières tiges printanières, le palissage sélectif et la taille estivale sont des pratiques qui aident à atténuer la présence du mildiou, un problème majeur dans les houblonnières canadiennes.

La maîtrise de la fertilisation est également cruciale pour assurer des récoltes optimales. Pour bien comprendre cet enjeu, il faut savoir que le plant croîtra de plus de cinq mètres sur une période d’environ un mois, au printemps. Pour répondre avec précision aux besoins de cette culture, le producteur agricole devra ajuster sa fertilisation au début de l’été afin de favoriser la floraison des plants et le développement des cônes qui seront récoltés.

Bien que les enjeux soient multiples dans ce domaine, l’expertise agronomique et le savoir-faire des producteurs assurent que la qualité du produit local sera au rendez-vous. L’industrie se concerte dorénavant pour maximiser l’adoption du houblon québécois au sein des microbrasseries québécoises. Un beau défi pour cette culture émergente!

Houblonnières québécoises en production

Au Québec, on dénombre 45 producteurs qui consacrent environ 56 hectares à la culture commerciale du houblon. La production annuelle y est estimée à moins de 80 tonnes, ce qui est marginal à l’échelle mondiale. À titre comparatif, les récoltes aux États-Unis dépassaient 48  000 tonnes en 2018.

Charles Fournier-Marcotte, agronome consultant.
En collaboration avec Julien Venne, agronome au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec